L’épilepsie est une maladie du cerveau où des groupes de neurones déchargent anormalement en provoquant des sensations désagréables, des sentiments et des comportements étranges ou des crises, des convulsions musculaires ou une perte de connaissance. Lors d’une crise épileptique, les neurones se déchargent jusqu’à 500 fois par seconde alors que le taux normal moyen est d’environ 80 fois par seconde.
L’épilepsie du lobe temporal (ELT) est la forme d’épilepsie à crises partielles la plus fréquente. On a noté une panoplie de symptômes potentiels incluant (lisez attentivement cette liste!) l’hyper graphie (vouloir écrire tour le temps), hyper religiosité, évanouissements, verbiage, mutisme, asexualité (absence de sexualité), émotivité accrue, manie, dépression, sentiment de culpabilité, absence du sens de l’humour, agressivité, colère, hostilité, sentiment d’une destinée personnelle, hyper moralisme, dépendance, paranoïa, obsession, etc. Le tout est aussi connu sous le nom de syndrome de Geschwind – du nom du premier chercheur, Normand Geschwind, qui a remarqué et catalogué ces traits associés à l’épilepsie du lobe temporal.
Quand je relis la liste des symptômes du syndrome de Geschwind, il me semble clair qu’il est tout à fait possible d’expliquer un énorme pan du phénomène religieux via le syndrome de Geschwind. Regardez la vidéo ci-dessous sous cet angle:
Je pose la question: est-ce que l’épilepsie du lobe temporal peut être induite, volontairement ou non, par des stimuli extérieurs? Je ne sais pas. Mais quand je considère les avertissements sur certains jeux vidéo, je suis tenté de penser que des stimuli extérieurs peuvent induire ou catalyser un état épileptique. Peut-être que plus on baigne dans un environnement de stimuli qui sont similaires aux effets d’une telle maladie du cerveau, plus on a tendance à développer ou catalyser cette maladie du cerveau. Une espèce de relation bidirectionnelle entre les symptômes et les causes dans ce cas très précis. Peut-être est-ce pourquoi il semble qu’on puisse traiter la dépression avec du lithium ou des antidépresseurs ou via des sessions de psychothérapie. Ce n’est qu’une hypothèse que j’avance ici. Je peux me tromper royalement et il y a des gens beaucoup plus qualifiés que moi en cette matière. Je ne fais que poser une question.
Vilayanur S. Ramachandran (allez l’écouter donner la Reith Lecture 2003, absolument fascinante!) a exploré les bases neurologiques de l’hyper religiosité dans les cas d’ELT en utilisant un galvanomètre connecté à la peau des individus. Un tel appareil connecté à la peau est en mesure de détecter aisément une réponse émotive. Son but était de déterminer si l’hyper religiosité des candidats ELT était due à une réponse émotive accrue en général ou si l’accroissement de la réponse émotive était spécifique aux stimuli religieux (Ramachandran and Blakeslee, « Phantoms in the Brain: Probing the Mysteries of the Human Mind« , New York: William Morrow, 1998). Il a montré à ses sujets des mots neutres, religieux, et sexuellement excitants tout en mesurant la réponse galvanique de la peau. Ramachandran a été en mesure de mettre en évidence que les patients souffrants d’ELT exhibaient une réponse émotive accrue avec des mots religieux, une réponse diminuée avec des mots à caractères sexuels, et une réponse normale avec des mots sans connotations. Ces résultats suggèrent que le lobe temporal est impliqué dans la génération de certaines réponses émotives associées aux mots, images et symboles religieux.
Beaucoup de religieux se sentent menacés par la théorie de l’évolution par la sélection naturelle de Darwin. Peut-être feraient-ils mieux de garder un œil du côté des neurosciences, car quelque chose me dit qu’une autre révolution de type Copernicienne s’y prépare, et cette fois, le débat va dépasser de loin la philosophie et la science…
Mon deuxième blogue de la série « Sur la xxxxxx… ». Histoire de vous donner un peu plus de contexte ou de sens à ces écrits, je m’efforce ici de préciser ou de définir ce que je crois être l’essence de certains concepts. Je n’ai pas de réponses, juste des réflexions, certaines incohérentes, mais qui tentent quand même de préciser ma préhension actuelle de ces concepts. Je croyais que cet exercice serait plus facile qu’il ne l’est. J’imagine que c’est un peu comme St-Augustin qui disait « Si vous ne me demandez pas ce qu’est le temps, je sais ce que c’est. Si vous me demandez, je ne sais plus!« . Mettre des mots est quelquefois ardu. Et on est alors incertain de ses bribes. Je relierai probablement ces textes dans cinq ans et je poufferai sûrement de rire. Enfin, je l’espère.
Ce soir, la Spiritualité.
Tout d’abord, faisons la différence entre Spiritualité et religion.
La religion (ce sera mon troisième sujet de la série) repose sur l’absolutisme et l’unicité de la démarche vers la transcendance.
La Spiritualité supporte plusieurs trajectoires possibles vers la transcendance et reconnaît la possibilité d’une démarche personnelle, en dehors de cadres établis.
La Spiritualité possède plusieurs domaines de recherche: les valeurs, le sentiment d’appartenance avec le Tout, la recherche de l’Universel, le pourquoi et le sens, la transcendance, la connaissance de soi et des autres, le devenir, etc.
La Spiritualité n’est pas dogmatique, ne cherche pas à convaincre quiconque, elle est strictement un élan intérieur observable principalement à travers la philosophie de vie. Elle est intégrale et holistique. En ce sens, le Bouddhisme, par exemple, est plus une Spiritualité qu’une religion.
Conventionnellement, la Spiritualité et la Science ont très peu de points d’intersection. Certains pourraient même avancer qu’ils sont indépendants ou orthogonaux; la Spiritualité ne contribue pas vraiment à la Science et la Science ne contribue pas vraiment à la Spiritualité. Peut-être un jour la Science sera suffisamment avancée et pourra entretenir un dialogue avec la Spiritualité.
En fait, malgré leur découplage apparent, la Science moderne et la Spiritualité sont toutes deux en démarche d’investigation de la Réalité et tendent à utiliser un langage ou des figures de style qui se ressemblent étrangement. Fritjof Capra en a dressé des parallèles dans le Tao de la Physique en 1975. Neil Bohr a enclavé au centre de ses armoiries familiales le symbole du Ying-Yang en 1947 avec l’inscription CONTRARI SUNT COMPLEMENTA (les contraires sont complémentaires) tellement il a été frappé par la similitude des concepts.
Je termine par une citation de Wigner:
L’évidence que les objets physiques et les essences spirituelles ont une forme de réalité très semblable a beaucoup contribué à ma paix intérieure, et, de toute façon, on ne connaît aucune autre conception qui satisfasse à la mécanique quantique. – E. WIGNER, prix Nobel de physique, SYMMETRIES AND REFLECTIONS, Indiana University Press, Bloomington 1967, p. 192.


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