Les événements du Bloody Sunday n’étaient en aucune manière justifiés. - David Cameron, Premier ministre britannique, 2010.06.15
Des goutelettes d’eau dans une fenêtre le soir avec un lampadaire en arrière plan.
Quand j’eu traité cette photo, le titre m’est alors apparu comme évident…
En hommage à Jack, tué à 17 ans, Patrick, tué à 31 ans, Bernard, tué à 41 ans, Hugh, tué à 17 ans, Kevin, tué à 17 ans, Michael, tué à 17 ans, John, tué à 17 ans, William, tué à 19 ans, Michael, tué à 20 ans, James, tué à 22 ans, Gerald, tué à 17 ans, Gerald, tué à 35 ans, William, tué à 26 ans et John, tué à 59 ans, à Derry, Irlande du Nord, le 30 janvier 1972.
J’avais 7 ans.
Comme billet de Noël, j’ai pensé vous offrir mes 5 meilleures photos à vie. Ce sont, parmi les milliers de photos que j’ai prises en plus de 30 années, celles que je considère comme mes meilleures. Comme les opinions peuvent varier, je vous invite donc à aller consulter les autres sur mon portfolio en ligne si le coeur vous dit. En attendant, voici le décompte:
5: Shuuuuuuuuuuuuuttttttttt!
Lieu: Morin-Heights, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2005.12.25 14:36:06 HNE
Entre le 24 et le 25 décembre 2005, nous avons eu une grosse bordée de neige. J’étais à mon chalet et comme j’étais seul, je suis parti chasser l’image muni de ma caméra… juste au cas où. Entre Morin-Heights et St-Adolphe d’Howard, il y a un centre de relaxation nommé Ofuro. Visible du chemin, il y a quelques statues de bouddha. Je suis arrêté en voiture à l’entrée du site. La neige fraîche ajoutait à l’air de sérénité des sculptures. J’ai pris plusieurs clichés mais celui-ci m’interpelle particulièrement. Le Bouddha semble recueilli emmitouflé dans son manteau de neige et de silence – d’oû le titre que j’ai donné à cette photo.
4: Crécuspule sur le Grand Canyon
Lieu: Bordure Nord du Grand Canyon, Colorado, USA (GoogleMap)
Date: 2006.03.24 21:06:32 HNE
En Mars 2006, je suis allé à la conférence Telecom Next à Las Vegas avec un grand ami, Richard Benson. À la fin des quelques jours de conférence, au lieu de revenir directement à Montréal, nous avons décidé de louer une voiture et de se rendre jusqu’au Grand Canyon. Nous sommes arrivés un peu avant le coucher du soleil à Yavapai Point, sur la bordure nord du canyon. Il y avait quelques touristes et la vue était époustouflante. Après les quelques photos d’usage – vous savez, ces photos génériques usuelles que tout le monde prends et qui n’ont rien d’exceptionnelle – nous nous sommes assis pour assister au coucher du soleil. J’ai déployé mon trépied et installé mon 10D. Quelques minutes plus tard, le spectacle était terminé et les visiteurs quittaient. On est resté juste un peu plus longtemps pour que je prenne cette photo. Je l’ai ensuite travaillée afin d’équilibrer les tons mais les couleurs sont réelles.
La composition est quelque peu rébarbative. La masse inférieure semble lourde comparée au ciel. Habituellement, j’aurais dû amener la ligne d’horizon au tiers supérieur ou inférieur. Mais une telle composition standard ne fonctionne pas dans ce cas-ci. Le choix de la composition moitié-moitié permet d’exprimer le contraste et la complémentarité entre le temps et l’espace – le canyon représentant le temps.
Plusieurs autres excellents clichés ont été tirés de cette escapade. Mais cette photo-ci est simplement différente et présente une image du Grand Canyon qui est unique et que je n’ai pas vue ailleurs.
3: Montagnaise à l’Aurore
Lieu: Île Nue, Mingan, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2008.07.05 03:05:28 HNE
À l’été 2008, je suis allé en vacances avec Ginette jusqu’à Mingan, loin sur la rive nord du fleuve, quelques kilomètres avant Natashquan. En arrivant à longue pointe, le temps était à la brume et la pluie était annoncée. La météo annonçait cependant un dégagement pendant la nuit, alors nous avons opté pour un bateau taxi qui nous amènerais sur l’Île Nue où nous passerions la nuit – je voulais à tout prix photographier les monolithes de Mingan au lever du soleil. En juillet, à cette latitude, le soleil se lève très tôt et il eut été impossible de prendre le bateau taxi la nuit. Il a plu sur la tente une bonne partie de la nuit mais le matin venu nous sommes partis en chaloupe motorisée. Le Loup Marin nous a déposé sur l’ile déserte en nous promettant de revenir nous chercher le lendemain matin… Nous avons monté la tente et sommes partis pour faire le tour de l’ile pour que je fasses mon repérage photographique. Puisque je connaissais l’azimut où allait se lever le soleil, je pouvais marquer les meilleurs endroits pour photographier le plus grand monolith de Mingan: La Montagnaise.
La nuit suivante, je me suis levé à 3h du matin et ai marché jusqu’à mes points de repérage. J’ai bien sûr pris plusieurs photos, mais celle-ci est la plus classique. Elle est composée de 3 photos prises avec différents paramêtres d’exposition. Je prévoyais que le contraste de la brillance du soleil levant et le côté sombre du monolithe ne pouvait pas être adéquatement capturé par mon appareil photographique. La technique utilisée se nomme High Dynamic Range et consiste à joindre le meilleur de plusieurs photos.
2: Art Martial
Lieu: Saint-Adolphe d’Howard, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2007.06.23 19:00:20 HNE
Mon fils Alexandre aime les arts martiaux, l’art du boken (sabre japonais en bois) entre autre. Un samedi soir, nous sommes allés jusqu’à l’ancienne station radar de la RCAF à St-Adolphe d’Howard pour admirer le coucher du soleil et prendre quelques photos bien sûr. Comme le soleil allait se coucher, Alex en profitait pour s’entraîner avec un vieux boken. Je me suis positionné, lui ai demandé de conserver la pause, et voilà.
1: Étoiles sur Lac
Lieu: Pourvoirie Mikos, Québec, Canada (GoogleMap)
Date: 2007.09.08 20:53:04 HAE
Avec la compagnie, on a fait une session de brainstorming off-site. Et tant qu’à aller off-site, on est allé dans une pourvoirie située à quelques heures au nord de Montréal, en direction de Parent. Je ne pêche pas, alors j’ai apporté mon attirail photo et en ai profité pour me lever tôt et me coucher tard, histoire de profiter pleinement de ces nouveaux paysages. Comme la lune se levait environ 1 heure avant le soleil, le ciel était parfaitement noir. De plus, il y avait un peu d’humidité à la surface du lac qui filtrait la lumière d’un lampadaire du camp – c’est pourquoi les arbres sont éclairés d’une lumière rougeoyante. Comme l’appareil était pointé vers le sud, on peut voir quelques nuages éclairés au loin par un village quelconque, mais, surtout, on peut voir notre voie lactée, notre Galaxie, qu’on nomme aussi M0 (prononcez « m zéro »).
Cette photo est à mon avis et à mon goût une des meilleures que j’ai prise depuis que je fais de la photo.
Passez un bon solstice, de bonnes fêtes et soyez prudents.
Quand j’écris que j’ai commencé à faire du portrait de studio, il me faut définir quelque peu plus ce que j’entends par portrait.
Pour moi, un portrait doit représenter la personnalité, ou un ou des traits dominants de la personnalité à un moment donné de la vie d’un individu. Tout comme je ne crois pas que nous puissions réduire un être humain à quelques mots, je ne crois pas qu’une seule photographie puisse nous faire saisir un être humain dans son ensemble. Un être humain est infiniment complexe, et en constant changement. Alors qu’une photographie n’est qu’un figé dans le temps d’une facette de la personnalité. Ceci étant dit, je me suis quand même laissé aller avec mes enfants pendant les vacances des fêtes à capturer un portrait d’eux.
Alexandre (15.5 ans) est un joueur de guitare, un excellent même. Il aime le rock mais il explore aussi d’autres styles de musique (à son dernier concert il a interprété les Canons de Pachelbel à la guitare…). C’est cet aspect de sa personnalité que j’ai voulu tenter de capturer. Je voulais créer une atmosphère un peu surréelle. J’ai disposé un flash derrière lui et l’ai éclairé de face très légèrement avec un snoot muni d’un filtre bleuâtre. L’idée était de ramener l’éclairage de son visage en utilisant une technique d’imagerie (HDR) afin d’augmenter le bruit sur l’ensemble de la photo mais pas sur le manche éclairé de la guitare. Un tel effet bruité donne une atmosphère artistique plus dure et plus rock.
Raphaël (14 ans) adore jouer à des jeux vidéo. Il vient d’ailleurs de se procurer, à grand coups d’économies, une PS3. Il aime aussi les jeux de rôles, il est brillant et calculateur. Ce sont ces aspects de sa personnalité que j’ai voulu isoler dans cette photo en optant pour un style à la James Bond. Le défi était de l’éclairer juste assez pour que son vêtement se fonde graduellement dans le noir du fond. Je lui ai demandé de me regarder de la sorte mais le subtile sourire est de son cru et complète parfaitement la photo.
Jean-Rémi (9.5 ans) est un sportif passionné de hockey. Ses idoles sont les joueurs du Canadien de Montréal. Et c’est ce que j’ai voulu illustrer. Là aussi j’ai décidé d’y aller avec un fond bleuâtre très foncé. La posture légèrement de côté, le regard vers le haut et l’asymétrie de la photo suggèrent sa vénération des Canadiens dont il arbore fièrement la tuque et le chandail. Une lumière principale avec un déflecteur de 20 centimèetres et un fill-in parapluie.
Isabelle (7 ans) est très féminine. Armée d’un caractère unique, elle sait parfaitement comment charmer quand elle le veut. J’ai utilisé un softbox très proche d’elle comme lumière principale. Un parapluie de 2 ouvertures moins fort comme fill-in et une lumière kick (au dessus d’elle en arrière) pour détacher ses cheveux du fond bleu qui complète très bien son pyjama. La difficulté fut d’équilibrer les 3 flashes pour conserver un jeux d’ombre suggérant un certain mystère attirant. La tête un peu baissée et un sourire charmeur pour compléter.
Toutes les photo ont été prises avec une lentille 70-200. J’étais donc situé relativement loin des sujets, ce qui permet de conserver les proportions des visages. Utiliser une lentille avec une trop courte focale accentue le nez et peu quelquefois donner des résultats désagréables.
Ce fut ma première expérience avec des modèles en studio. Je crois que le plus intéressant fut de visualiser les images dans mon esprit, et d’interagir avec les modèles compte tenu des personnalités, et de créer les images en – et j’y reviens – les peinturant avec de la lumière. Je suis mordu.
J’en parle depuis un certain temps.
J’y pense depuis encore plus longtemps.
C’est fait.
Je me suis procuré tout ce qu’il faut pour commencer à faire de la photographie de studio.
Après plus de trente années de paysages, d’études de couleurs et de géométrie, de photo de nuit, etc, il me fallait en arriver au plus difficile en ce qui me concerne.
Comme je l’ai écrit ailleurs, j’ai toujours hésité à photographier les êtres humains. Une certaine pudeur j’imagine. Mais vu que la photographie de studio ne peut se faire qu’avec le consentement explicite du sujet, et de plus, avec sa participation volontaire et active, toutes mes hésitations disparaissent.
La lumière est l’essence de la photographie. Car photographier signifie écrire avec la lumière. Or, en environnement de studio, il est possible de contrôler tous les paramètres de la lumière. Son intensité, sa couleur, les dimensions des sources lumineuses et leur distance du sujet, la texture et la subtilité…
Une explosion de possibilités… à explorer.
À titre de premiers pas, j’ai voulu faire un autoportrait et une nature morte.
L’autoportrait a donné ceci (un autoportrait ne peut-être qu’en noir et blanc, qu’alliez-vous donc penser!).
Un setup d’éclairage très simple et classique: Un seul flash munie d’un parapluie en réflexion comme lumière principale (F/11), un réflecteur blanc comme filler (voir le diagramme ci-dessous).
Je m’amuse.
Pour ma « nature morte », j’y suis allé avec une statuette de Bouddha que j’ai chez moi. Après l’avoir photographiée décentrée dans un photobox (une espèce de boite aux paroies blanches et diffusant la lumière par transmission – il s’agit de pointer les flash contre les paroies extérieures de la boîte et l’intérieure s’illumine d’une lumière aussi uniforme qu’on le veut, voir ici), je me suis amusé à compléter la photo avec photoshop selon mon inspiration du moment. Est-ce encore une photographie? Je ne sais pas, mais je vais recommencer! Et même si ce n’est plus de la photographie, peut-être est-ce là où j’en suis rendu.
Il est de ces rares moments où une photographie nous transporte dans un autre monde, dans une autre réalité, dans un autre état d’âme.
Quelquefois il se produit une convergence de la lumière, de la perspective, d’un sujet, d’une émotion, et le photographe réussi à capturer l’essence d’une vie.
Nous nous arrêtons un instant. Le temps de regarder, de voir même. Quelque chose se met alors en mouvement quelque part en soi, tout au fond.
Et, immanquablement, nous sommes ramenés à notre propre vie. Et nous sommes forcés à la remettre en perspective devant une brève ouverture d’esprit et du coeur.
C’est l’impact d’une Grande Photo.

Photo: Michael Ging
Référence (allez lire!)
Je me suis amusé à utiliser des images trouvées ici et là sur le web et d’en faire des posters de motivation comme ceux insipides qu’on retrouve dans les entreprises. J’afficherais bien un de ceux-ci cependant…
Le plus intéressant a été d’imaginer le titre et la phrase de motivation la plus appropriée pour l’image.
Enjoy!
J’ai un compte sur flickr. J’y dépose quelques une de mes meilleures photographies.
Je remarquais avec quelques amis, aussi sur flickr, combien nous recevions peu de visites, de commentaires ou même de visionnements de nos photos. On a alors réalisé combien ce site est devenu gigantesque. Il a dépassé, et de loins, la dimension humaine. Et comme certains d’entre nous montent des photos sur flickr pour avoir des commentaires, des suggestions afin de nous améliorer, l’intérêt en prend pour son rhume!
Le même effet se produit sur MySpace.com. Depuis quelque temps semble-t-il, le nombre de visiteurs baisse. Trop de publicité? Terminaison du tout nouveau tout beau? Après avoir parlé avec quelques usagers de MySpace, un courant semble en ressortir (rien de bien scientifique ici, mais bon…): dans une foule, on ne peut rencontrer personne. Oui on se touche, s’entrechoque, s’entend, et, quelquefois, entre-croise un regard furtif, mais on n’échange pas, on ne se parle pas: les véritable rencontres ne peuvent se faire que dans un environnement et dans un laps de temps à la dimension de l’être humain. Alors quand tout va trop vite (ou trop lent!), ou quand les contacts sont trop nombreux, on ne traverse plus le grouffre de l’altérité et on retourne à cette solitude qui caractérise si bien les grandes villes et ces autres endroits trop fréquentés. Dans le fond, la différence n’est pas bien grande entre une mégalopole et un désert…
Schumacher l’avait vu il y a déjà si longtemps, small is beautiful. Une société doit être à la mesure de l’être humain, sinon, on s’y perd et cette même force qui nous pousse à signaler sa présence et à marcher vers une silhouette la-bas de l’autre côté de la dune dans un désert s’inverse et nous fait craindre l’autre quand il devient trop nombreux. Et c’est précisément ce que vivent certains mega-sites internet – la mesure de l’être humain est perdue quelque part dans la foule et le cortège sans fin des inconnus qui le demeureront, faute de véritable contact.
Alors, vais-je abandonner flickr? Vais-je demeurer chez moi à cause de la foule? Vaut-ce la peine?
Je crois que je ne me retirerai pas, je vais attendre encore un peu. Je vais continuer à errer à travers cette horde et continuer de prendre le risque de croiser un nouveau regard humain… et qui sait, peut-être même aller jusqu’à oser échanger un mot et prendre Contact! Sans compter qu’on apprend quand même énormément juste à regarder les oeuvres des autres.
Il existe une transcription du vidéo de Dawkins faite par un autre blogueur. Cliquez ici.




















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