Université 2.0?

On 2011/08/16, in Education, Technologie, by admin

L’UdeM a construit un nouveau pavillon près du métro Montmorency de Laval. Quand je l’ai vu la première fois, je me suis dit qu’il s’agissait d’une opportunité manquée.

On aurait pu utiliser cet argent pour mettre sur pied une université virtuelle. Une université où les cours sont donnés par les meilleurs enseignants du domaine, via vidéo, sur internet. Une université complètement virtualisée.

Élaborons un peu plus ce concept.

  • Les cours sont rendus disponibles sur internet.
  • Chaque cours est accompagné de devoirs en ligne, corrigés automatiquement ou par des chargés de cours.
  • Les examens peuvent être en ligne ou dans un local générique loué pour cette occasion avec un surveillant.
  • Certains cours nécessitent des laboratoires qui peuvent être réalisés dans des laboratoires privés ou des laboratoires génériques. On réserve sa session de laboratoire, on mentionne quelle expérience (cours, numéro du lab) et au rendez-vous, notre console est prête. Des entreprises privées pourraient compétitionner pour fournir ce genre de service moyennant des frais.
  • Les étudiants peuvent s’inscrire de n’importe où et suivre leurs cours de la maison.
  • Des sessions de dépannage programmées, elles aussi virtualisées, se font via des appels vidéo-conférence, partage d’écran, chat rooms, etc., avec des chargés de cours.
  • Des étudiants libres peuvent aussi suivre le cours. Ils n’ont qu’à regarder la série de vidéo.

Avec le temps, le cours magistral inclurait des séquences originales, des animations via CGI, des interviews, des effets spéciaux, un montage de plus en plus efficace afin de faire comprendre la matière enseignée. Imaginez un savoir faire Hollywoodien utilisé pour l’éducation…
Avec l’évolution de la matière enseignée, des parties du cours seraient remplacées avec des mises à jour, améliorant ainsi le syllabus.
Imaginez que les videos soient interconnectés via un équivalent hypertexte pour la vidéo (hypervidéo?). Imaginez que les livres de référence, désormais électroniques, soient aussi hyper-liés aux cours et vice-versa, l’un amplifiant l’apport de l’autre, présentant un complément, une autre perspective, une autre façon de saisir la connaissance.

Ce concept commence à émerger. Khan Academy offre un impressionnant ensemble de cours tout en inversant le sens de la présence en classe qui est dévouée au devoir alors que le cours magistral est suivi à la maison. Stanford, le MIT et d’autres ont aussi une offre gratuite sur iTunes. En ce moment même, Stanford offre un cours créditable virtualisé débutant en octobre. Déjà, plus de 58000 étudiants se sont inscrits de partout au monde (ref). Plusieurs autres universités ont aussi commencé à offrir des cours virtuels.

Est-ce l’émergence de l’Université 2.0? Je pense de plus en plus que oui. Et je pense que le pavillon de l’UdeM à Laval, en brique, en verre et en acier, aurait pu être planétaire… et en bits.

Mise à jour 2011-09-06T16:34:43 – Le cours en ligne de Stanford a attiré plus de 130,000 étudiants provenant de plus de 190 pays. J’y suis inscrit.

Mise à jour 2011-09-09T23:07:00 – Changé UQAM pour UdeM. Je me suis leurré et ai été corrigé. Merci Nath! :-)

Share
Tagged with:
 

Peut-être

On 2011/08/15, in Actualité, Je ne sais pas, Politique, Économie, by admin

Peut-être que notre système économique repose en grande partie sur l’existence d’une nombreuse classe moyenne nourrie, soignée, occupée, pouvant s’offrir quelques douceurs et aussi ignorante que possible.

Peut-être que jusqu’à maintenant, on pouvait conserver la masse dans l’ignorance totale, mais avec les changements technologiques et des obligations d’un marché se globalisant et devenant de plus en plus compétitif, il a fallu instruire cette masse.

Peut-être qu’avec l’instruction viennent un plus grand niveau de conscience, une plus grande curiosité et une plus grande soif d’information étanchée par les nouvelles technologies.

Peut-être que cette consommation croissante d’information indigne de plus en plus la classe moyenne toujours plus interconnectée devant les injustices, les disparités, les excès et les profits indécents de certains.

Peut-être que cette classe moyenne, sous son nombre global en augmentation voit ses acquis se diluer, se voit s’appauvrir et voit son espoir pour un avenir meilleur se dissiper.

Peut-être que cette classe moyenne devient exponentiellement plus indignée et son niveau de tolérance s’effrite proportionnellement.

Peut-être que c’est dans un tel contexte que fermentent les révolutions.

Peut-être que si cette classe moyenne se révolte, c’est tout le système économique et politique qui est menacé de s’effondrer.

Peut-être que les très riches auraient intérêt à préserver ce système économico-politique qui leur a tant rapporté.

Peut-être que les très riches devraient bien traiter la classe moyenne afin que cette dernière demeure docile et contentée.

Peut-être que les très riches devraient (en accord avec Warren Buffett) payer plus d’impôt.

Beaucoup plus.

Imposez $1000 à un salarié de $10 000 par année, il y aura forcément moins de nourriture sur sa table. Imposez $1 000 000 à quelqu’un qui gagne $10 000 000 par année (il y en a plus que vous ne le pensez), et vous ne lui enlevez rien qui pourrait l’empêcher de mener une vie heureuse. (tiré d’un commentaire sur digg)

Share
Tagged with:
 

StupiditéSélectionnez une opinion, n’importe laquelle, aussi farfelue soit-elle. Faites-en une recherche sur Google. Vous trouverez des centaines de pages supportant cette opinion et ce, le plus sérieusement du monde. Il est possible de se convaincre de n’importe quoi avec Internet.

Les engins de recherche sont devenus indispensables aujourd’hui puisqu’ils diminuent le total désordre d’internet. La quantité d’information sur Internet est si phénoménale, et augmente à un tel taux, qu’y naviguer sans aide serait comme tenter de trouver une aiguille dans le système solaire (ou une très très grosse botte de foin). Certaines études estiment que le nombre de pages sur Internet est de plus de 1000 milliards. Si chaque page était imprimée sur une feuille de papier, la pile de papier aurait 100 000 km de haut. Devant cette quantité d’information en constante refonte, il nous faut isoler, filtrer et sélectionner. Mais sélectionner l’information sans faire attention – ce que nous faisons tous – résulte en un biais de confirmation. Ainsi, les indexeurs deviennent aussi de plus en plus des engins servant à renforcer les préjugés. Avec Google, vous pouvez vous convaincre de l’absolue véracité de n’importe quel soupçon, indépendamment des sites critiques puisqu’ils sont filtrés par le même coup, par l’engin de recherche ou par votre sélection avec la souris. En fait, les engins de recherche, aussi utiles soient-ils, permettre d’extraire de l’océan d’information, de désinformation et de mésinformation, l’opinion voulue sans aucun discernement.

Pathétique Ainsi, sur Internet, une fabulation totalement délirante a autant de poids qu’un fait scientifique expérimentalement établit. Aucun indice ne permet de soupeser les « faits » présentés dans une page web. C’est au lecteur que revient le devoir de discerner (là, on est dans le trouble!). Discerner implique faire preuve d’un sens critique et d’une méthode de remise en question de toute nouvelle information et de ses propres convictions. La pensée critique et une méthode d’élimination des erreurs (comme la méthode scientifique) deviennent deux outils intellectuels indispensables et sont, en fait, la seule façon de naviguer sainement dans cet océan de més/dés/information. Sans ces outils-ci, nous ne sommes que de la marchandise à endoctrinement.

Comme si le problème n’était pas assez inquiétant, une nouvelle tendance commence à émerger de cette situation: des engins de recherche préfiltrés. Vous êtes chrétien? Essayez SeekFind, un engin de recherche ne retournant que des résultats cohérents avec la bible. Musulman? Essayez iamhalal. Juif? Jewogle. (lisez l’article (et les commentaires…) de NPR). À quand un engin de recherche d’extrême droite. Bon, c’est vrai, il y a FOX. Alors disons un engin de recherche québécois Libéral, ou Péquiste? Ou un engin de recherche Canadien approuvé par les Conservateurs? Un engin de recherche pour chaque opinion peut-être? On assiste à une ghettoïsation volontaire des esprits. St Thomas d’Aquin disait « méfiez vous de l’homme d’un seul livre ». Devrons-nous désormais nous méfier de ceux d’un seul engin de recherche?

Une telle ghettoïsation des idées mène inévitablement à une cristallisation aigüe des opinions, à une rigidité des esprits, et ultimement, à des conflits irréconciliables, car les discussions deviennent impossibles.

Rendu à ce point de ma réflexion, je me suis dit qu’il me manquait de recul et que je me devais de développer une perspective plus générale du phénomène en observation. Alors, j’ai laissé la première partie de ce billet en suspens quelque mois, le temps de murir un peu plus. C’est en lisant un article scientifique quelque part que j’ai fait la connexion.

Il est possible de voir ce phénomène de ghettoïsation des idées d’un autre angle. Laissez-moi vous présenter le modèle d’Ising.

Le modèle d’Ising est un modèle utilisé pour étudier les matériaux ferromagnétiques. Imaginez un tableau à deux dimensions où dans chaque cellule, il y a un aimant dont l’axe Sud-Nord est soi orienté vers le haut ou vers le bas et que ces deux directions sont les seules que peuvent prendre les aimants. Les aimants peuvent aussi changer leur orientation Sud-Nord à Nord-Sud et vice versa. Supposez aussi qu’il est énergétiquement plus rentable pour les aimants d’être alignés, c’est à cire que les aimants préfèrent être orientés dans la même direction que leurs voisins.

Maintenant, imaginez que cette matrice d’aimants soit dans un milieu dont vous pouvez contrôler la température. À haute température, il y a tellement d’énergie disponible que les aimants s’orientent dans n’importe quelle direction, excités par l’énergie disponible dans l’environnement. Mais à mesure que vous baissez la température, l’énergie ambiante devient plus faible que l’énergie locale provenant des voisins et les aimants ont de plus en plus tendance à s’orienter avec leurs voisins. Ainsi, à haute température, les aimants sont orientés aléatoirement et la corrélation d’orientation entre ceux-ci est faible, le désordre est maximum. À basse température cependant, les aimants ont tendance à s’aligner avec leurs voisins, ce qui résulte en des régions de plus en plus vastes d’aimants Nord-Sud et Sud-Nord. Le graphique ci-dessous présente une telle simulation effectuée avec avec IsingCocoa pour Mac (gratuitement disponible). Les aimants orientés Nord-Sud sont en noir et ceux Sud-Nord en blanc. La température entre les 5 images diminue de gauche à droite. À mesure que la température diminue, on voit se former des structures, et la corrélation entre l’orientation des aimants proches augmente. On observe ainsi ce que la physique nomme une transition de phase – on passe d’un état à un autre, ou d’une phase à une autre.

Il est difficile de ne pas voir de parallèles entre l’apparition des structures dans un modèle d’Ising simple et ce que nous observons dans le monde des opinions et des idées, où les engins de recherche spécialisés on pour effet de diminuer la « température » ou le désordre de l’information et d’ainsi augmenter la corrélation entre les consommateurs d’information que nous sommes autour d’opinions spécifiques. Cette analogie n’a rien de scientifique. Mais le parallèle est fascinant. Et si ce parallèle tient la route un peu plus, il se pourrait bien que nous soyons en transition de phase comme société.

L’étude des systèmes physiques montre que ceux-ci sont de loin les plus intéressants justement quand ils transitent d’une phase à l’autre. La zone intermédiaire (pas celle ou le chaos est maximum ni celle où le désordre est minimum) est celle où les phénomènes les plus intéressants se produisent (jetez un œil sur les travaux de Prigogine, entre autre, Order out of chaos). La vie elle-même est un exemple de phénomène émergeant à la frontière entre l’ordre et le chaos.

À la lumière du modèle d’Ising, des phénomènes critiques et des travaux de Prigogine, je ne me sens plus assombri par la ghettoïsation des idées, mais je suis plus apte à penser que nous vivons en une époque intéressante, voire fascinante, où l’information se globalisant devient elle-même un phénomène critique de plein droit et d’ou peut émerger des propriétés nouvelles inimaginables.

Share

ebook – part 3

On 2010/04/14, in Technologie, by admin

Après les arguments présentés lors de mes deux précédents billets concernant le eBook (ici et ici), voici les premiers exemples du livre et du magazine next generation. La révolution ne fait que commencer:

















VIV Mag Featurette: A Digital Magazine Motion Cover and Feature for the iPad from Alexx Henry on Vimeo.

Welcome to the new world.

Share
Tagged with:
 

Le eBook

On 2009/09/09, in Technologie, by admin

Hier il y avait une chronique chez Christiane Charrette à la radio de Radio-Canada sur les livres électroniques. On parlait des différents lecteurs de eBooks: le Kindle, le Reader de Sony, le iPod/iPhone d’Apple, l’Androïd de Google… La conversation entre Bruno Guglielminetti et Michel Tremblay tournait autour de la grosseur des polices et de l’écran et combien les éditeurs sont réfractaires à cette nouvelle vague puisque les livres en version électronique coûtent moins chers et qu’ils ne font presque plus de profit. En passant, ces mêmes éditeurs oublient de mentionner que seule la première copie d’un livre électronique coûte quelque chose à produire – toutes les autres copies ne coûtent rien, absolument rien à produire – seulement un partage de revenu avec l’AUTEUR, le créateur, la source sans qui il n’y aurait pas de livre en premier lieu. Alors, produire 1 ou 1 milliard de livres coûte la même chose. Sachant ceci, je suis content pour les auteurs qui vont, je l’espère, savoir profiter de la situation et obtenir un salaire décent pour leur œuvre.

Je comprends pourquoi les éditeurs tremblent! On ne parle pas d’un petit changement, mais d’une désintermédiation de la chaîne de valeur de l’industrie de la publication. Quel sera le rôle des éditeurs? Plus besoin d’imprimer, de relier, de distribuer dans les libraires. Plus d’arbres sacrifiés (d’ailleurs, l’industrie du bois a aussi besoin de sérieusement se réformer). Plus d’éditions épuisées. Plus de back order. Plus de files d’attente pour obtenir le dernier Harry Potter… Alors comme auteur, pourquoi irais-je voir un éditeur pour publier mon livre alors que je pourrais le charger directement sur une espèce d’iTunes pour les livres où les gens peuvent l’acheter et d’où je recevrais directement 70% des revenus de chaque vente? Les éditeurs ont raison de trembler – il peuvent très bien n’être réduits qu’à de simples critiques de livres parmi tant d’autres. De plus, terminé les rejets des éditeurs. Tu écris, tu publies, tu récoltes si c’est bon. Ce changement total de cette industrie est une étape normale dans la démocratisation et de la désintermédiation de cette industrie. Mais c’est une étape qui fera mal et je comprends parfaitement pourquoi un grand pan de cette industrie crie haut et fort (en utilisant souvent les droits d’auteur comme support moral). Et ce pan de l’industrie englobe les papetières, les éditeurs, les imprimeurs, les distributeurs, les librairies, etc. Seuls les véritables créateurs (écrivains, illustrateurs, typographistes, monteurs, etc.), bref, ceux qui sont les moins payés et dont l’apport est le plus grand dans cette industrie survivront, car ils ont leur raison d’être dans le processus de création; ils sont indispensables. Je sens d’ici la résistance de l’argent.

Sauf que la transformation est commencée.

Il nous est maintenant possible d’accéder à une quantité incroyable de grands classiques via le projet Gutenberg (dont des centaines en français). Terminé de payer 15$ pour une réédition d’un livre de deux cents ans…

Cependant, peu de gens semblent penser aux nouvelles possibilités que vont permettre ces nouveaux appareils en particulier et le livre électronique en général. Et c’est ce que j’aurais aimé entendre de la part de Bruno Guglielminetti – mais avait-il seulement le temps d’aller jusque-là – même si c’est lui qui est le réalisateur de cette émission? (Je vais éventuellement bloguer sur la place faite à la science et la technologie dans les média)

Imaginez que l’écrivain puisse préparer son livre et modifier certains passages selon l’heure ou le lieu où vous le lisez. Imaginez que l’auteur puisse changer des passages en temps réel, pour les corriger ou les améliorer. Imaginez la formation de cercles de lectures où vous pouvez synchroniser les différents lecteurs afin qu’ils puissent échanger sur un chapitre sans voir le chapitre suivant, ou se laisser des commentaires, ou des idées. Imaginez que vous puissiez suggérer des améliorations à l’auteur d’une œuvre en ajoutant une note sur un passage particulier. Imaginez que pour chaque faute que vous corrigez dans un livre, vous obteniez un remboursement sur votre achat – et que cette correction soit poussée chez les autres consommateurs qui l’ont acheté et sur la version originale. Imaginez que vous puissiez avoir accès à des images, des films, des figures en 3 dimensions, des compléments d’information multimédia relatifs au livre, à un personnage, à un lieu, à une émotion, à une démonstration, à une cène de crime. Imaginez pouvoir poser des questions à l’auteur. Imaginez que vous puissiez traîner avec vous tous les livres de votre bibliothèque. Imaginez que vous ayez accès sur votre lecteur électronique à tous les livres qui n’ont jamais été écrits dans toute l’histoire de l’humanité, et dans votre langue. Tout ceci, dans votre poche, dans votre lecteur de eBook. Imaginez comment l’éducation pourrait utiliser et profiter de nouvelles approches pour les livres de classe, les devoirs, les examens. Quelles sont les possibilités offertes aux enseignants pour personnaliser l’enseignement à un enfant en difficulté? Les possibilités sont enivrantes. Et ce n’est qu’une question de temps. La technologie pour tout ceci est soit déjà soi présente, soi en développement. Cette révolution va non seulement altérer notre façon de lire, mais aussi, fondamentalement, notre relation avec l’écrit, notre façon d’apprendre et de s’exprimer.

L’industrie du livre va vivre dans les quelques prochaines années une révolution aussi importante que ne le fut l’invention de Gutenberg. Je sais, on a dit ceci de l’Internet. Mais c’est plutôt le livre électronique qui va compléter cette révolution en apportant une redéfinition du quatrième écran. Le domaine de l’édition va être fondamentalement bouleversé. Les dinosaures vont tenter de lutter pour survivre et retarder l’inévitable. Mais des joueurs émergents vont voir et saisir les nouvelles opportunités, et ceux-là vont éventuellement dominer sur ceux qui périclitent. C’est ce qui arrive tout le temps.

Il est très intéressant de lire les commentaires laissés par les auditeurs suite à cette émission, même s’ils sont peu nombreux… pour l’instant. ;-)

Et ici, je n’ai parlé que des livres… Que dire des magazines, des quotidiens, et du reste du matériel imprimé?

Le futur est brillant.

Share
Tagged with:
 

Loi de l’Évolution

On 2009/03/19, in Uncategorized, by admin

En cette année de Darwin, et en cette semaine du ministre fédéral des Sciences et des Technologies, M. Gary Goodyear, qui refuse de se prononcer sur la question, j’étais curieux de savoir où nous en étions au Canada (et au Québec) sur la question de l’évolution.

Voici ce que j’ai trouvé.

Selon un sondage Angus Reid réalisé entre le 12 et le 13 juin 2007 (1088 participants), une majorité de Canadiens, et une grande majorité de Québécois considèrent que la loi de l’évolution est véridique.

C’était la bonne nouvelle.

La mauvaise nouvelle est que peu des participants interrogés comprennent ce que signifie réellement la loi de l’évolution. De plus, plus de 42% des Canadiens (et 45% des Québécois!) croient que les dinosaures ont coexisté avec les êtres humains.

Allez hop! Au travail!

Ref: http://www.angus-reid.com/uppdf/ARS_Evo_Cre.pdf

Share
Tagged with:
 

Endoctrinement

On 2008/12/11, in Athéisme, by admin

L’endoctrinement a habituellement pour but principal de dissoudre l’esprit critique. La religion et la politique sont considérées comme deux importants foyers d’endoctrinement. Encore mieux, selon wikipedia: « L’endoctrinement consiste à user avec régularité de divers moyens de pression psychologique tels que la peur, l’espoir, la culpabilité ou encore le martèlement indéfini des mêmes affirmations, l’entraînement socioaffectif, etc. » Il est difficile de ne pas reconnaître dans chacune de ces stratégies l’ensemble des techniques utilisées par la religion et la politique.

Je considère que la religion devrait être un domaine réservé aux 18 ans et plus… exactement comme la pornographie, la violence, l’alcool, le tabac et les autres produits néfastes à la santé mentale et/ou physique. A ne consommer seulement que lorsqu’on a développé un sens critique. À mes yeux, l’endoctrinement religieux des enfants est une monstruosité morale aux proportions historiques dont nous devrons répondre.

Via l’endoctrinement, les enfants sont privés du droit de remettre en question. Il ne faut pas se surprendre quand on constate combien la curiosité et le goût de savoir, pourtant si présent en bas âge, et s’exprimant par d’innombrables questions aussi naïves qu’en plein dans le mille, s’estompent à mesure que l’enfant grandit – on leur apprend qu’il ne faut pas questionner, il faut croire. Et plus c’est incroyable, plus il faut y croire poursuit-on. Comme c’est affiché en grosses lettres bien grasses pas très loin de chez moi: « la foi c’est croire l’incroyable, voir l’invisible et saisir l’insaisissable ». L’hallucination est définie par le Robert comme « une perception pathologique de faits, d’objets qui n’existent pas, de sensations en l’absence de tout stimulus extérieur ». Alors, hallucinons mes frères!

L’endoctrinement prive aussi les enfants des mécanismes nécessaires afin d’évaluer, de soupeser et de filtrer objectivement le flux incessant d’information dans lequel ils baignent constamment et dans lequel ils baigneront toute leur vie. Il est de notre devoir de société de prémunir nos enfants des armes logiques, psychologiques et émotives afin qu’ils puissent eux-mêmes se défendre contre les abus de toutes sortes. C’est peut-être là une des grandes missions émergentes de notre système d’éducation.

La science et l’éducation sont souvent citées comme des armes contre l’endoctrinement. Et, aussi souvent, la science et l’éducation sont aussi présentées comme des foyers d’endoctrinement. L’apprentissage scientifique ne peut pas être accusé d’endoctrinement, car le but même de l’apprentissage scientifique est justement d’inculquer et de promouvoir l’esprit critique. En ceci, la Science se pose vertement en opposition avec la politique et la religion. La Science repose sur des faits objectifs observables; la politique est basée sur des opinions souvent subjectives; et la religion est basée sur des dogmes et des croyances souvent improuvables – ou pire, infalsifiables. La question de l’endoctrinement dans l’éducation reste cependant sur la table. Il suffit de retourner quelques années en arrière (ou dans certaines écoles présentement en train de sévir) pour voir clairement l’endoctrinement usurper l’image de l’éducation pour faire son vil travail. Comment pouvons-nous séparer endoctrinement et éducation? J’imagine que c’est un peu comme séparer état et église: il restera toujours un peu d’église dans l’état et l’église essaiera toujours de dicter à l’état ce qui doit être fait. Le lien entre l’état et l’église – et entre endoctrinement et éducation – demeure humain. Comment espérer demander à un chrétien fondamentaliste convaincu d’enseigner la théorie de l’évolution de façon objective, sincère et convaincante? On ne peut compter que sur le professionnalisme des enseignants – et de ce côté, je dois l’avouer, nous sommes encore choyés ici au Québec… par opposition à nos voisins du sud. La séparation entre endoctrinement et enseignement ne tient que sur quelques règles provenant des hautes instances du ministère de l’Éducation et, surtout, sur la qualité de la grande majorité des enseignants dont nous disposons pour l’instant.

Je rêve du jour où nous pourrons remplacer le cour d’enseignement religieux par un cours de développement du sens critique; cela représenterait, selon moi, un avancement majeur pour notre société. Le syllabus d’un tel cours devrait couvrir des sessions de jeux et de laboratoire d’expérimentation cognitive, l’étude du cerveau, de la psychologie, de la logique d’argumentation, de la compréhension des possibilités et des limites de l’esprit humain, les afflictions, maladies et particularités du cerveau. Mais je sais bien qu’un tel syllabus cela ne sera pas enseigné demain matin. Cependant, un bon début serait tout simplement d’enseigner ce que Carl Sagan appelait un baloney detection kit qui se résume ainsi:

  • Autant que possible, il doit y avoir une confirmation indépendante des faits.
  • Encouragez le débat en substance sur les évidences avec des défendeurs compétents de tous les points de vue.
  • Les arguments d’autorité ont peu de poids (en science, il n’y a pas d’autorités).
  • Testez plus d’une hypothèse – ne vous arrêtez pas à la première idée qui vous séduit.
  • Ne vous attachez pas à une hypothèse parce qu’elle vient de vous.
  • Quantifiez autant que possible.
  • Dans une chaîne d’arguments, chaque élément de la chaîne doit fonctionner.
  • Utilisez le rasoir d’Occam – quand deux hypothèses expliquent les données de façon aussi satisfaisante, favorisez la plus simple.
  • Demandez-vous si l’hypothèse peut, du moins en principe, être falsifiée par un test non ambigu. En d’autres mots, est-ce que l’hypothèse est testable? D’autres peuvent-ils dupliquer votre test et obtenir les mêmes résultats?

Un tel développement du sens critique protégerait notre société contre la plupart des formes d’endoctrinement, entre autre, mais aussi des pièges à con, de la désinformation, de la propagande, etc. Mais ce n’est peut-être pas ce que désirent certaines instances maniant au grand jour ou dans la pénombre les rennes du pouvoir… Alors, je ne compte pas qu’un tel cours soit mis de l’avant de sitôt. À moins que…

Je suggère fortement les références suivantes qui vont dans l’esprit de ce billet:

Share

La réforme de l’Éducation

On 2007/11/02, in Education, Réforme, by admin

Tabarslack, je pète une coche.

Est-ce qu’il y a quelqu’un dans la salle qui peut expliquer à notre ministre de l’éducation ce qu’est la réforme de l’éducation?
Et, en passant, il faudrait aussi que cette personne l’explique aussi au restant de la population du Québec! Ça fait assez longtemps qu’on en entend parler, que tout le monde chiale et pleurniche dessus, sans savoir ce que c’est. Il est où le Défenseur de la réforme? Piaget, éclaire-nous!

Je suis aussi tanné que dès qu’on parle de quoi que ce soit dans notre société, en passant par les accommodements religieux et les gangs de rue, on accuse la réforme, écorchant au passage les enseignants et enseignantes.

Je vais ici, ce soir, jeter mon pavé dans la marre et aussi donner mon point de vue, comme tout le monde, une fois pour toutes. Après je n’en reparlerai plus. (Peut-être! :-) )

D’abord qu’est-ce que la réforme?

Pour faire simple, je vous laisse deux choix:

1. Enseigner les ‘connaissances’ ainsi qu’on le faisait à l’époque médiévale, ou
2. Utiliser ce que nous avons appris dans les dernières centaines d’années en sciences cognitives, neuropsychologie, et dans les découvertes de la science moderne afin d’améliorer notre façon d’enseigner.

Le choix est aussi simple que cela. Et la réforme est la seconde branche de l’alternative.

Depuis Charlemagne, il y a eu la Renaissance, l’époque des lumières, Copernic, Galilée, Freud, Piaget, Wilber, et d’innombrables autres! On sait aujourd’hui qu’il y a plusieurs formes d’intelligence, plusieurs méthodes d’apprentissage, plusieurs types de personnalité, et nous avons chacun nos forces et nos faiblesses en celles-ci. Peut-on juste intégrer les connaissances que nous avons acquises sur la psychologie et le cerveau humain afin d’avancer un peu en tant qu’humanité dans notre apprentissage de qui nous sommes et des connaissances générales?

Et je passe outre le fameux débat sur le sens de l’éducation: doit-on fabriquer un meilleur employé ou former un meilleur être humain?

Quand j’entends notre ministre balayer du revers de la main les efforts acharnés de nos enseignants pour essayer d’appliquer la réforme (qui a été très mal communiquée à ceux-ci, en passant) et les efforts louangeables des fonctionnaires de l’Éducation pour venir dire que ce sont les parents qui ont raison, je me sens réduit à de la marchandise électorale de masse à qui il faut plaire coûte que coûte, peu importe le prix futur à payer, pourvu que quelqu’un se fasse réélire pour un autre mandat.

Les parents voulaient des évaluations avec des chiffres? Donnons-leur. Ils veulent des dictées? Donnons-leur. Il ne faut surtout pas aller à rebrousse-poil de la marchandise électorale. Mais quelqu’un peut-il expliquer à ces mêmes parents que les chiffres ne veulent pas dire grand-chose. Que la dictée n’apprend pas à saisir l’histoire d’un livre – ce qui est l’essence de la lecture – ni à exprimer correctement nos idées – ce qui est l’essence de l’écriture. Tu veux des chiffres pour l’évaluation de ton enfant? OK, il a 88%. Content? Va te péter les bretelles auprès de tes voisins et de ton beau-frère au party de Noël. Ne serait-il pas mieux pour ton enfant que tu saches qu’il a de la difficulté à comprendre ce qu’il lit? Au moins, tu sauras quoi faire – passer du temps avec lui et lire avec lui. N’aimerais-tu pas savoir qu’il a peut-être de la difficulté à lire, mais qu’il a une imagination hallucinante pour les histoires? Mais non, tu veux une note. 75%. Content? À ce titre, rétablissons aussi la peine de mort, une majorité y est peut-être favorable. Et s’il n’y a pas de majorité, on n’a qu’à faire un blitz média avec quelques victimes… Du pain et des jeux avec ça?

La réforme permet d’aller au-delà des chiffres et de ramener l’éducation à ce qu’est l’être humain… un être humain. Pas une série de chiffres.

Ah oui, en passant, ton deuxième enfant chéri, il a eu 32% en géographie. Que vas-tu faire pour l’aider? Tu n’en a aucune idée parce que ce que tu veux savoir comme parent c’est qu’il n’y a pas de problème, ou que ses problèmes sont acceptables. Mais un 32% en géographie te dit-il qu’il tripe sur la géographie physique et que l’examen formel et normalisé que tu voulais était à côté de l’incroyable intelligence que ton enfant possède, mais qu’on n’avait pas identifiée il y a 1200 ans? Ah oui, en passant, il avait un rhume à son dernier examen…

Pis tant qu’à parler de réforme, allons au bout.

Confierais-tu ton bien le plus précieux à quelqu’un sans t’arranger pour qu’il excelle dans la gestion de ton bien? Qui osera dire ici que nos enfants ne sont pas notre plus précieux investissement? On demande à nos enseignants de se dépasser – et la plupart mettent d’innombrables heures non payées pour nos enfants, et on leur donne un salaire de pitié. Pire, on leur crache dessus à la première occasion, ou on les accuse des pires maux sociaux dont NOUS sommes responsables. Va-t-on finir par reconnaître la profession d’enseignant et la valoriser à sa propre valeur???

On juge une société à l’importance qu’elle accorde, entre autres, à ses enfants. Et nos enseignants sont ceux qui préparent non seulement notre société de demain, mais aussi le lit dans lequel on reposera au soir de notre vie. Espérons que nos enfants, qui s’occuperont alors de nous, voudront savoir plus de nous qu’une simple note sur notre bulletin de vie. Parce que, laissez-moi vous dire, il y en a une gang qui ne passeront pas.

Share
Tagged with:
 

Cerveau et Éducation

On 2007/10/07, in Education, Science, by admin

Une caractéristique intéressante de notre cerveau est que ce que nous savons influence notre perception. Nos sens ne sont pas objectifs. Un coup que nous savons quelque chose, il devient impossible d’en faire abstraction. Faisons une petite démonstration.

Écoutez ce fichier:

C’est un gribouilli incompréhensible.
Maintenant écoutez ce fichier-ci:

Ensuite, ré-écoutez le premier fichier.

Le premier fichier n’est plus du tout incompréhensible. Même qu’il est impossible de remettre votre cerveau dans le même état qu’avant, où les sons étaient incompréhensibles. Il est impossible de faire abstraction de ce que vous savez. Et ceci n’est pas seulement vrai pour l’audition, nos autres sens dont les influx sont interprétés par notre cerveau obéissent aux même traitement. À titre d’exemple (l’exemple est tiré d’un article de Nava Rubin), regardez cette image et tentez d’y voir quelque chose:

Maintenant cliquez sur l’image, et revenez ici. Regardez de nouveau l’image et essayez de ne pas tenir compte de votre connaissance nouvellement acquise…

L’apprentissage ne se fait pas seulement de bas en haut, en assemblant des éléments d’information, mais aussi de haut en bas, en interprétant les perceptions avec nos connaissances.

Notre cerveau est constamment à l’affût de patterns et de signification dans le monde qui nous entoure. À travers nos sens limités, il perçoit et enregistre des patterns, peu importe s’ils sont réels ou non. Et, que nous le voulions ou non, ces patterns subconscients que notre cerveau détectent vont influencer notre perception consciente de la réalité. Nous avons des préjugés. Aussi bien le reconnaître et justement tenter d’en tenir compte dans nos opinions. Je me souviens en astronomie, il était important de bien connaître les déformations que le télescope induisait aux images que nous prenions, pour pouvoir ainsi en tenir compte et les enlever dans le traitement de l’information. On appelait cela enlever la signature de l’instrument, ou soustraire la fonction instrumentale. Pouvons-nous faire de même avec nos perceptions? Pouvons-nous soustraire la fonction instru-mentale qui est sous la forme de nos pré-jugés dans notre esprit et d’ainsi émettre des opinions plus éclairées basées sur une perception corrigée?

Enfant, nous avons tendance à être plus en mode d’apprentissage bas-en-haut, puisque notre banque de connaissance est relativement ténue. Mais en vieillissant, nous développons des cercles vicieux où nous voyons et percevons seulement ce que nous voulons bien voir et percevoir. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il est si difficile d’être ouvert aux nouvelles idée ou de changer d’opinions après un certain âge. Peut-être est-ce aussi la raison pour laquelle les écoles où vont nos enfants doivent demeurer laïque…

Notre cerveau est un incroyable outil. Nous l’utilisons tout le temps et il nous est indissociable et même identitaire. Il est le siège de tout ce que nous sommes, de toutes nos idées, nos opinions, nos souvenirs, nos peurs et nos aspirations. Nous l’utilisons inconsciemment, sans trop savoir comment. Plus nous le comprendrons, mieux nous pourrons l’utiliser en tenant compte de ses limites, ses illusions et ses capacités. Plus nous comprendrons notre cerveau, plus nous pourrons évoluer comme individus et comme société. Peut-être même comme espèce! Et cette évolution passe inexorablement par l’éducation.

Voilà l’importance de l’éducation.

Voilà une toute nouvelle perspective au fameux gnōthi seautón socratique.

Share
Tagged with: