L’UdeM a construit un nouveau pavillon près du métro Montmorency de Laval. Quand je l’ai vu la première fois, je me suis dit qu’il s’agissait d’une opportunité manquée.
On aurait pu utiliser cet argent pour mettre sur pied une université virtuelle. Une université où les cours sont donnés par les meilleurs enseignants du domaine, via vidéo, sur internet. Une université complètement virtualisée.
Élaborons un peu plus ce concept.
- Les cours sont rendus disponibles sur internet.
- Chaque cours est accompagné de devoirs en ligne, corrigés automatiquement ou par des chargés de cours.
- Les examens peuvent être en ligne ou dans un local générique loué pour cette occasion avec un surveillant.
- Certains cours nécessitent des laboratoires qui peuvent être réalisés dans des laboratoires privés ou des laboratoires génériques. On réserve sa session de laboratoire, on mentionne quelle expérience (cours, numéro du lab) et au rendez-vous, notre console est prête. Des entreprises privées pourraient compétitionner pour fournir ce genre de service moyennant des frais.
- Les étudiants peuvent s’inscrire de n’importe où et suivre leurs cours de la maison.
- Des sessions de dépannage programmées, elles aussi virtualisées, se font via des appels vidéo-conférence, partage d’écran, chat rooms, etc., avec des chargés de cours.
- Des étudiants libres peuvent aussi suivre le cours. Ils n’ont qu’à regarder la série de vidéo.
Avec le temps, le cours magistral inclurait des séquences originales, des animations via CGI, des interviews, des effets spéciaux, un montage de plus en plus efficace afin de faire comprendre la matière enseignée. Imaginez un savoir faire Hollywoodien utilisé pour l’éducation…
Avec l’évolution de la matière enseignée, des parties du cours seraient remplacées avec des mises à jour, améliorant ainsi le syllabus.
Imaginez que les videos soient interconnectés via un équivalent hypertexte pour la vidéo (hypervidéo?). Imaginez que les livres de référence, désormais électroniques, soient aussi hyper-liés aux cours et vice-versa, l’un amplifiant l’apport de l’autre, présentant un complément, une autre perspective, une autre façon de saisir la connaissance.
Ce concept commence à émerger. Khan Academy offre un impressionnant ensemble de cours tout en inversant le sens de la présence en classe qui est dévouée au devoir alors que le cours magistral est suivi à la maison. Stanford, le MIT et d’autres ont aussi une offre gratuite sur iTunes. En ce moment même, Stanford offre un cours créditable virtualisé débutant en octobre. Déjà, plus de 58000 étudiants se sont inscrits de partout au monde (ref). Plusieurs autres universités ont aussi commencé à offrir des cours virtuels.
Est-ce l’émergence de l’Université 2.0? Je pense de plus en plus que oui. Et je pense que le pavillon de l’UdeM à Laval, en brique, en verre et en acier, aurait pu être planétaire… et en bits.
Mise à jour 2011-09-06T16:34:43 – Le cours en ligne de Stanford a attiré plus de 130,000 étudiants provenant de plus de 190 pays. J’y suis inscrit.
Mise à jour 2011-09-09T23:07:00 – Changé UQAM pour UdeM. Je me suis leurré et ai été corrigé. Merci Nath!



Petite correction, c’est l’Université de Montréal qui est au métro Montmorency
Je suis des cours à la Teluq (La télé-université de l’Université du Québec) depuis 3 ans, et le principe est semblable. On s’inscrit à nos cours sur le net à n’importe quelle période de l’année. Nous recevons nos livres à la maison, mais il peut y avoir des lectures et des vidéos sur le net. Il n’y a pas de cours magistraux. Ce sont des lectures que nous devons faire à notre rythme. On envoit nos devoirs par courriel à notre tuteur, et celui-ci répond soit par courrier ou par courriel. On se déplace qu’une seule fois pour l’examen final. Aussi, il y a un forum où nous avons accès aux autres étudiants. La plupart proviennent du Québec, mais certains vivent dans les Maritimes ou sont en Europe. J’adore cette formule de pouvoir étudier à la maison et sauver le transport!
À mon avis, il y a encore trop de papier (qu’on recoit à la maison), mais j’ai vu une amélioration dans ces 3 années. D’ailleurs, ils ont reçu des commentaires des étudiants disant ne plus vouloir recevoir autant de papier. Des ajustements ont été faits! Bravo à eux!
Nath
@Nath
Tu as raison, UdeM, pas UQAM. Je vais corriger.
Je connaissais TELUQ (qui n’a pas vu M. Psychotrope à la télé!). Il y a aussi d’autres Universités Canadiennes qui louchent dans cette direction.
Mais tous y vont relativement timidement, avec un budget limité. Un peu comme un à côté.
Quand je pense à l’impact qu’a eu la série Contact de Carl Sagan (bientôt
reprise par Neil deGrasse) par exemple, il m’est difficile de de pas rêver aux possibilités…
Au plaisir,
-Mazz
La blogosphère a cela d’extraordinaire, c’est en un clic on change de continent. Sur le moment Montmorency, Laval me disiat bien quelque chose, mais je ne voyais pas Laval en Bretagne avoir déjà un métro, houps, pardon je me suis trompé je suis en Amérique, pardon je change de ligne et houps, pardon je suis en Asie, pas grave, je reviens vers la vieille Europe qui commence sérieusement à merder. Entre DSKK et dette extérieure… Ah au fait, travaillez-vous de midi à minuit ?
Ce monde virtuel permet en effet de s’affranchir, en partie, de toute inertie.
Pour répondre à la question, disons que je martèle la pierre brute sans pour autant être licencié; je suis une espèce de free lancer.