Mon Manifesto

On 2007/06/22, in Texte, by admin

En cette soirée de Solstice, voici mon Manifesto personnel.

Je ne crois pas à l’astrologie, aux lignes de la main ou au tarot. Pour moi, l’aventure humaine dépasse de loin tous les modèles qu’on puisse en faire. Le sourire de mon voisin aura infiniment plus d’impact sur ma journée que l’effet gravitationnel d’une lointaine planète à l’heure de ma naissance et au moment présent. On n’emprisonne pas la complexité humaine en douze catégories.

Je ne crois pas au destin. Je crois que l’Univers est indifférent, qu’il n’y a pas de complot ou de conspiration personnelle. Ce serait bien agréable, j’en conviens, si j’avais un sens inné, hérité d’une vie antérieure ou d’un être supérieur. Mais je crois seulement en notre réalité, quoique ma compréhension en soit incomplète. Je crois que nous sommes privilégiés de simplement exister. Je crois qu’il est merveilleux de sentir la brise sur notre visage ou l’herbe sous nos pieds nus. Un lever de soleil m’émeut, comme tout être vivant qui cesse de vivre.

Je ne crois pas en Dieu, Zeus, Baâl, Odin, Amon-rê, Jupiter, Héra, Mout, Junon, Hermès, Psychopompe, Anubis, Mercure, Hélios, Rê-Atoum-Khépri, Phébus-Appollon, Artémis, Bastet, Diane, Aphrodite, Hathor, Vénus, Apollon, Horus, Apollon, Déméter, Isis, Cérès, Pan, Min, Faunus, Ilithyie, Nekhbet, Léto, Bouto, Latone, Hadès, Osiris, Pluton, Héphaïstos, Ptah, Vulcain, Thermoutis, Renenoutet, Dionysos, Sarapis, Bacchus, Typhon, Seth, Hermès, Trismégiste, Thot, Mercure, Arès, Montou, Mars, Cronos, Saturne, et tous les autres dieux de l’histoire, qu’ils soient d’actualité ou non. Nous sommes une étrange absurdité qui essaie de se donner un sens. Nous nous inventons des histoires et des dieux pour ce faire. Aussi réconfortant qu’une telle illusion puisse être, je choisis une réalité objective, observable, saisissable et non arbitraire, qui ne cesse de m’émerveiller et de m’être une source inépuisable d’inspiration. Ma transcendance s’effectue par la nature et par mes actes. Ainsi en est-il de mes malheurs, de mes élans et de mes rêves.

Je crois en l’amour, même s’il mène trop souvent à la douleur. Je crois en l’amour éros, philia, et l’agapê. J’espère croître en chacune de ces formes-ci, même si aujourd’hui, je n’en expérimente pas tous les acabits.

Je crois en la Vie même si elle doit se terminer. Même si la collaboration temporaire des milliards de cellules qui me composent va un jour cesser, j’aurai émergé de cette collaboration un bref instant, mon éternité personnelle.

Je crois en l’Art qui permet d’exprimer non seulement qui nous sommes, mais aussi nos aspirations, nos côtés noirs et nos défaites tout comme nos triomphes. L’art questionne et ne prend sens qu’à travers l’oeil de celui qui contemple. Je crois que l’Art est universel.

Je crois en la Science, défi et destination de l’humanité. Je crois qu’un jour nous comprendrons qui nous sommes. Nous éliminerons les superstitions et les peurs provenant de l’aube de l’humanité et nous parviendrons à un âge d’or ou la poésie et la connaissance seront indiscernables.

Je ne crois pas que notre Vie ne soit limitée d’aucune façon intrinsèque. Tout nous est possible. Tout nous est choix. Trop souvent nous nous imposons artificiellement des contraintes qui sont irréelles, de par une tare provenant de l’enfance, ou d’une blessure lointaine qui ne veut se cicatriser. Je crois que l’esprit humain peut guérir de tout, absolument tout. Même si j’ai moi-même mes blessures qui durent. J’ai confiance qu’un jour…

Je crois que l’Univers est infini, et que de ce fait, tous mes besoins de mystère et d’émerveillement trouveront écho. Je crois que nous sommes à la fois si insignifiants et si importants. En autant que nous le sachions, nous sommes la seule forme de conscience existant dans l’Univers. En ceci, nous sommes uniques et importants. La conscience, aussi subtile soit-elle, m’est l’ultime objet d’émerveillement. Que la poussière prenne conscience d’elle-même et des autres m’est sublime. Nous sommes ce par quoi l’Univers prend conscience de lui-même. En ceci, nous sommes tellement précieux.

Je crois en deux regards qui se croisent un bref instant et qui échangent leur essence. Je crois en l’amitié, aux rêves et aux espoirs. Deux solitudes qui partagent un bout de leur existence est ce qui, ultimement, rend la vie tolérable et lui donne ce fameux sens par lequel il devient possible de se réaliser. Je crois aussi en des regards qui se manquent de peu, ou qui se refusent. Je crois que shit happens quelquefois.

Je crois en qui nous sommes, ni plus, ni moins.

Je crois en l’être humain.

Je crois en moi.

Je crois en toi.

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11 Responses to “Mon Manifesto”

  1. Daniel Paillé dit :

    Nous diffèrons un peu sur les bien faits de la science mais pour le reste 100% en accord avec toi…
    Que le temps et et le vent appaissent ta douleur qui semble vouloir perdurer.
    Très beau texte encore une fois. Ce que j’aime le plus chez quelqu’un, c’est de percevoir l’être tel qu’il est.
    Bize

  2. lurch agoratoire dit :

    Le seul hic (puisqu’il est de connaissance générale que je suis super-téteux) c’est que j’éprouve une certaine difficulté à te voir concilier l’idée d’un Univers infini avec la présomption que nous soyons les seules entités conscientes qui l’habitent. Un Univers infini n’offre-t-il pas des possibilités infinies?

    Pour le reste, j’appose mon humble signature au bas de ton Manifesto. Je suis fier de faire partie de ta « nation ».

    I believe in you too, Mazz.

    Stonehedge Lurch ;-D

  3. P'tit Rien dit :

    J’ai le souffle coupé de lire ceci, tant je reconnais mes propres pensées profondes et même secrètes.

    Ma vision de la vie, de l’humain, de l’univers est telle que la tienne, dans les grandes lignes, les petites et entres elles.

    Puis-je signer aussi? ;-)

    Merci Mazz, xox

  4. Mazz dit :

    @Bize: Merci du commentaire et ne t’en fait pour ma ‘douleur‘… je vais y rester anyway! ;-)

    @Stonehedge Lurch: Tu as absolument raison lurch. Techniquement, l’infini comprend toutes les possibilités – donc, devrait comprendre d’autres formes de vie et de conscience. Quoique nous ne soyons pas certain que l’Univers soit en effet infini, je conviens qu’il est pas mal grand! :-)

    Le bémol que j’ai introduit est relié à notre connaissance actuelle (En autant que nous sachions…). Mais comme disait l’autre, si nous étions seuls, ce serait un beau gâchis d’espace… ;-)

    @P’tit Rien: Signe, signe! Persiste et re-signe même! Je t’en prie! :-) Plus on est de fous…

    – Mazzaroth

  5. François dit :

    C’est le temps des manifestes;-)

    J’en suis mon vieux, j’en suis.

  6. P'tit Rien dit :

    Folle, je suis ;-)

  7. unautreprof dit :

    Je crois en la vie, partout. Tout le temps. La vie en nous. La vie plus forte que presque tout.

    signé : unautreprof (ceci n’est pas un refus blogal, bien au contraire… ah mauvais jeu de mots, désolée)

  8. quique et alia dit :

    Tu dis que tu crois en la destination de l’humanité. Quelle est la destination humanité d’après toi?

  9. le neurone ectopique dit :

    A mon tour, malgré ce long délai, de me faire aussi tèteux que mon ami Lurch.
    Je signe en toute connaissance de cause ton manifeste en suggérant l’amendement suivant :
    je remplacerais « Je crois en la Vie même si elle doit se terminer. » par « Je crois en la vie parce qu’elle doit se terminer. »
    J’ai dû déjà le mentionner plusieurs fois mais la vie éternelle figure parmi mes pires cauchemars. Être moi, je veux bien. Je suis un être en mouvement, en « évolution ». Je relève le défi de faire le plus de chemin possible pendant ces quelques années qui me sont imparties. Mais me figer à jamais, même dans un bonheur béat, non merci.

    et je signe : cyrano au nez un peu plus modeste mais néanmoins conséquent

  10. Mazz dit :

    @quique et alia: Quelle est la destination de l’humanité d’après moi?

    Bonne question.

    Je crois que nous avons un avenir ouvert. Que tout est possible. Que nous pourrons transcender nos contraintes fondamentales (la mort, l’intelligence limité, l’espace), mais pour ceci, nous devrons laisser derrière nous une partie de ce qui défini l’humanité. Nous devrons nous redéfinir dans le nouveau contexte des manipulations génétiques, de l’exploration spatiale, du changement continue et relativiste de notre environnement, du flux incessant de milliards de consciences exprimant leur existence et leur créativité et de la technologie.

    L’humanité va dépasser la réalité biologique éventuellement et fusionner lentement avec sa propre création; la technologie. Et les possibilités n’auront de contraintes que les lois physiques et les dimensions de l’univers. Je crois même que c’est la façon dont l’Univers s’y prend pour accélérer les changements.

    C’est une vision optimiste, je sais. Mais c’est ma vision. Je me refuse à croire en un avenir où nous allons retourner en mode survie ou en mode chacun-pour-soi. Des reculs temporaires sont inévitables. Mais dans le contexte plus élargi, nous seront difficiles à reconnaître. :-)

    – Mazzaroth

  11. Bonjour

    Cessons de tricher, cessons de nous défiler :

    http://www.declaration-universelle-des-devoirs-de-l-etre-humain.net

    Bien amicalement J V T

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