J’en parle depuis un certain temps.
J’y pense depuis encore plus longtemps.
C’est fait.
Je me suis procuré tout ce qu’il faut pour commencer à faire de la photographie de studio.
Après plus de trente années de paysages, d’études de couleurs et de géométrie, de photo de nuit, etc, il me fallait en arriver au plus difficile en ce qui me concerne.
Comme je l’ai écrit ailleurs, j’ai toujours hésité à photographier les êtres humains. Une certaine pudeur j’imagine. Mais vu que la photographie de studio ne peut se faire qu’avec le consentement explicite du sujet, et de plus, avec sa participation volontaire et active, toutes mes hésitations disparaissent.
La lumière est l’essence de la photographie. Car photographier signifie écrire avec la lumière. Or, en environnement de studio, il est possible de contrôler tous les paramètres de la lumière. Son intensité, sa couleur, les dimensions des sources lumineuses et leur distance du sujet, la texture et la subtilité…
Une explosion de possibilités… à explorer.
À titre de premiers pas, j’ai voulu faire un autoportrait et une nature morte.
L’autoportrait a donné ceci (un autoportrait ne peut-être qu’en noir et blanc, qu’alliez-vous donc penser!).
Un setup d’éclairage très simple et classique: Un seul flash munie d’un parapluie en réflexion comme lumière principale (F/11), un réflecteur blanc comme filler (voir le diagramme ci-dessous).
Je m’amuse.
Pour ma « nature morte », j’y suis allé avec une statuette de Bouddha que j’ai chez moi. Après l’avoir photographiée décentrée dans un photobox (une espèce de boite aux paroies blanches et diffusant la lumière par transmission – il s’agit de pointer les flash contre les paroies extérieures de la boîte et l’intérieure s’illumine d’une lumière aussi uniforme qu’on le veut, voir ici), je me suis amusé à compléter la photo avec photoshop selon mon inspiration du moment. Est-ce encore une photographie? Je ne sais pas, mais je vais recommencer! Et même si ce n’est plus de la photographie, peut-être est-ce là où j’en suis rendu.
Je rêve peu. Et je parle encore plus rarement de ces derniers, leur accordant peu d’importance. Mais ce soir, je fais exception.
Une coïncidence aussi étrange qu’intéressante me parait digne de mention.
J’ai récemment écouté une vidéo sur Youtube qui m’a été pointé par le profil Facebook d’une amie. Et ce vidéo-ci m’a d’ailleurs fait profondément réfléchir. En fait, cela m’a troublé passablement. La vidéo parle de « beginning of a new life« …
Il y a environ une semaine, j’ai rêvé que je mourrais, ou plutôt que j’étais mort. Dans mon rêve j’étais décédé dans un hospital. Après un long moment noir et vide, j’ai repris lentement conscience pour réaliser que j’étais dans une morgue, sur une civière. Je ne pouvais pas bouger. Puis, lentement, j’ai consciemment fait la réflexion suivante: « Je suis conscient, donc je suis vivant. C’en est assez, j’ai assez perdu de temps, il est temps que je me lève. »
Et je me suis levé, j’ai combattu contre l’inertie et la torpeur de mon corps et de mon esprit et j’ai cherché à entrer en communication avec d’autres personnes pour dire, annoncer, que je vivais. J’étais heureux d’être revenu à la vie et je savais combien les possibilités étaient innombrables devant moi…
Quand j’y repense… ma mort dans un hospital… le moment noir et vide… la prise de conscience… la décision… annoncer, crier que je vis… et réaliser l’infini des possibilités humaines.
L’allégorie m’est intéressante, fascinante même.
J’imagine que maintenant il me reste à explorer ces possibilités. Explorer ma vie.
Encore une vérité de La Palice… n’est-ce pas?


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