« Zeitgeist » est un mot allemand qui signifie l’esprit du temps, ou l’aire du temps. Il signifie un courant de pensé dans une société, circonscrit dans un momentané. Un zeitgeist courant, et auquel je souscrit est une sorte de dix commandements qui résume une morale civile. Cela va comme suit:
- Ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fit. (probablement un des rares enseignements de la Bible auquel je souscris sans réserve!).
- En toute choses, essais de ne point causer de mal.
- Traite les autres êtres humains, les autres êtres vivants et le monde en général avec amour, honnêteté et respect.
- Ne laisse pas passer le mal ou ne te dérobe point du droit chemin, mais soit toujours prompt à pardonner un mal librement admis et honnêtement regretté, et saches que la notion même de mal est souvent relative.
- Vis ta vie avec joie et plénitude. Profite pleinement du moment présent sans handicaper ton futur ou celui des autres.
- Cherche toujours à apprendre quelque chose de nouveau. Ouvre-toi aux sciences, à l’art, à la littérature, aux technologies, à la spiritualité.
- Vérifie tout; contre-vérifie tes idées avec des faits, et soit prêt à rejeter tes idées même si elle te sont précieuses, si elles ne se conforment pas aux faits.
- Ne cherche jamais à censurer ou à étouffer la dissention; respecte toujours le droit des autres à être en désaccord avec toi et d’exprimer pacifiquement ce désaccord. Élève-toi contre toute tentatives de censure.
- Forme-toi une opinion indépendante sur la base de ton raisonnement et de ton expérience; ne te laisse jamais guider aveuglément par les autres ou par des idées ou des croyances de façon aveugle.
- Questionne tout.
- Vis et apprécie ta vie sexuelle, tant qu’elle ne blesse personne, et laisse les autres vivre la leur pleinement, peu importe leur inclinaison.
- Ne discrimine et n’oppresse pas, que ce soit sur une base sexuelle, d’opinion, raciale, ou, autant que possible, d’espèce.
- N’endoctrine pas tes enfants. Apprends-leur à penser de façon autonome et d’être en désaccord avec toi et donne-leur la liberté et la confiance de s’exprimer. Rends-les libres-penseurs.
- Valorise le passé, le présent et le futur sur une échelle de temps qui te dépasse.
Le plus intéressant est que de telles suggestions, toutes évidentes qu’elles soient, auraient pu être énoncées ou révélées par un ancestral sage. Mais non. Ce sont des valeurs de notre temps, ou presque. Notre monde évolue. Nous dépassons même quelquefois les sages d’autrefois en valeurs et en actions.
L’humanité progresse.
(Ce blogue est inspiré et augmenté à partir du livre de Richard Dawkins The God Delusion.)
« Sois content de vieillir, c’est un privilège refusé à plusieurs. »
Quand j’ai lu ces mots, j’ai tout de suite été transporté en cette chambre d’hospital ou j’ai assisté, impuissant, aux derniers battements de coeur de ma fille. Sans le savoir, toute ma vie allait être altérée par cet événement qui me lança dans une Quête personnelle sur ma propre existence, mon sens et mon pourquoi.
Un peu comme on aimerait tant continuer de dormir le matin quand le jour se pointe, j’aurais tant aimé qu’un tel vide ne se creuse pas en moi. Mais, avec le recul, je réalise qu’il est quelquefois bon de se faire violence en quelque sorte et de se lever quand même au matin, car l’éveil est tellement plus rempli et réel que son contraire.
Comme toute naissance, cet éveil fut douloureux, pour paraphraser Yourcenar – mais combien plus enivrant. Avant, je ne sais pas. Mais maintenant, je puis affirmer que je vis, et, surtout, que cette vie que je respire, va aussi cesser un jour. Et c’est un tel privilège! En effet, combien je réalise que je suis privilégié quand je sais que le nombre d’être humains qui ne seront pas surpasse de plusieurs ordres de grandeurs ceux qui auront jamais été sur cette planète – et que, moi, j’existe. Quand on regarde les possibilités offertes par notre ADN, il y a plus de combinaisons que le nombre grains de sables dans le Sahara. Et parmi ce presque infinie cortège d’êtres humains qui auraient pu être à ma place, dont combien de Mozart, de Newton, de Whitman… je suis là, et vous qui lisez ces lignes aussi. Dans notre quotidien et tout ordinaires que nous sommes, ayant battu toutes probabilités, nous sommes là. Quelle chance! Juste le fait d’avoir existé représente une chance inouïe.
Et notre chance ne s’arrête pas à cette probabilité biologique. L’univers a quelque 15 milliards d’années. Le Soleil en a 5 milliards. et dans un autre 5 milliards, il deviendra une géante rouge dont le volume englobera le l’orbite terrestre. Il en sera définitivement terminé de notre planète. Et notre existence peut être représentée comme une minuscule lumière projetée par une lampe de poche sur une très longue règle graduée représentant le temps. La lampe de poche éclaire à peu près le milieu de la règle. En-deça de notre zone immédiate éclairée, c’est l’obscurité, la nuit des temps passés. Au delà de notre zone immédiate éclairée, c’est aussi la noirceur absolue de notre futur. La chance que nous avons d’avoir existé à ce moment, où nous pouvons respirer, vivre, regarder les étoiles, échanger et être conscient de notre place dans cet Univers est tout aussi inouïe. Ne faites que déplacer votre naissance de 0.000001% vers le passé et vous n’auriez pas eu conscience même que vous vivez – l’évolution n’ayant pas encore généré la conscience comme effet secondaire.
Et de combien d’autres incroyables chances sommes-nous le résultat? Les probabilités sont telles que si on me proposait une telle histoire, je me dirait qu’elle ne se produira jamais. Mais nous sommes là. Que la matière dont nous sommes faits, cette matière d’étoile – car chaque atome faisant partie de notre corps a déjà été au sein d’une étoile qui a dû se transformer en supernova – exploser – mourir – afin d’être créé – a réussi à prendre vie et même à prendre conscience, graduellement et à travers des millions – des milliards – d’années d’évolution et de sélection naturelle.
Et nous sommes là, poussières pensantes, matière consciente, sachant que nous avons battu toutes les probabilités, sachant que nous sommes et que nous ne seront plus un jour. Quelle chance avons-nous!
Maintenant, que décidons-nous d’en faire? Là est la véritable question.
(Ce blogue est une traduction/inspiration très libre d’un texte de Richard Dawkins)
Une vidéo de Richard Dawkins sur le but de la vie, pourquoi nous sommes ici, pourquoi nous existons.
Encore une fois, Dawkins pose exactement le doigt dessus avec une grande lucidité. Une vidéo à voir. Je l’inclus ici.
La vidéo est en Anglais, j’en suis désolé. Si je la trouve en Français, je vais la poster.
En fait, la fin de la présentation de Dawkins me rappelle quand je suis allé écouter avec Claire le Dalaï-Lama à Ottawa (en 2004 je crois). Vers la fin de son discours, il y a eu une période de questions. Les questions n’étaient pas live mais avaient été préalablement écrites et sélectionnées. Mais bon. La dernière question fut non seulement la plus intéressante, mais aussi la plus fascinante de par la réaction et la réponse du Dalaï-Lama.
La dernière question était: quel est le sens de la vie?
Pas besoin de vous dire que j’avais un sourire qui rejoignais mes deux oreilles quand j’ai entendu la question.
La première chose que fit le Dalaï-Lama fut de la faire répéter. Ensuite, il y a eu un échange avec son traducteur, car il ne comprenait pas la question. Il a alors répondu en riant (je cite de mémoire mais je crois que c’est fidèle à l’intention du propos tenus – enfin, comme je m’en souviens) Je ne sais pas! Moi je suis un simple moine bouddhiste. Je me promène dans le monde, donne des discours, parle du Tibet, parle de la philosophie bouddhiste. C’est le sens de ma vie. Quel est je sens de votre vie? Je ne sais pas! Trouvez-le! Donnez-vous en un! Il signifiait clairement que le sens n’est pas quelque chose qu’on nous donne, ou qui nous précède, mais bien plutôt un choix, quelque chose qu’on se donne soi-même.
Ce qui rejoint directement la finale de Dawkins. En effet, pour la première fois, un organisme généré de l’évolution peut entreprendre cette réflexion sur lui-même, ce retour sur soi propre à la conscience, et comprendre qui il est. Pour la première fois, nous pouvons nous affranchir des lois de l’évolution en ce qui concerne notre espèce et nous pouvons nous même nous prendre en main. Le sens que nous pouvons donner à notre existence peut aller au-delà de la propagation de nos gènes. De par la conscience que nous avons d’où nous venons, de notre position dans l’Univers, des échelles de temps et d’espace, et du fait qu’après tout, nous ne sommes que quelques cellules qui collaborent pour un certain temps sur une croûte de roche refroidie flottant à la surface d’une gigantesque boule de magma, le fait que nous puissions transcender et décider du pourquoi me laisse bouche-bée d’émerveillement.
Point n’est besoin de superstitions ou d’histoires fantastiques: notre réalité et la place que nous y occupons, les autres êtres humains avec qui nous partageons cette condition, tout ça, est amplement suffisant pour combler notre curiosité, notre soif d’émerveillement et notre quête de sens.


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