Vous pouvez continuer à me suivre sur LeGlobe.ca. C’est là que sont publiés mes nouveaux billets. Ils seront éventuellement répliqués ici.
Offre d’emploi reçue aujourd’hui:
L’équipe responsable du commerce électronique et des centres d’appels est à la recherche d’un développeur d’applications mobiles débutant (niveau I) possédant de l’expérience en développement d’applications Web Java. Le candidat retenu aura de fortes compétences techniques ainsi que la capacité de travailler de façon autonome ou avec peu de supervision. L’analyse des besoins, le développement d’applications et les essais d’unités, la rédaction technique et la participation aux revues de conception sont au nombre des responsabilités du poste. Le candidat choisi doit faire preuve d’initiative et être disposé à assumer la responsabilité des résultats.
Me ré-écriture:
Une équipe de marketing qui pellette des nuages s’est fait dire par le CEO qu’elle ferait bien mieux de faire quelque chose de concret sinon tout le monde est à la porte. Cette équipe est donc est à la recherche d’un développeur senior avec de fortes compétences techniques, autonome et qui a de l’initiative. Cependant, on ne veut pas le payer. On va donc dire que c’est un développeur débutant.
Vu qu’on n’a aucune idée de ce qu’on veut et qu’on ne comprend rien à toute cette magie qu’on appelle technologie, le développeur devra deviner ce dont on a besoin et tout faire tout seul. On sera tous là à chaque étape pour ajouter de la confusion, le critiquer et le ralentir. Et le résultat est mieux d’être bien parce qu’il servira de bouc émissaire si le CEO n’est pas satisfait.
L’UdeM a construit un nouveau pavillon près du métro Montmorency de Laval. Quand je l’ai vu la première fois, je me suis dit qu’il s’agissait d’une opportunité manquée.
On aurait pu utiliser cet argent pour mettre sur pied une université virtuelle. Une université où les cours sont donnés par les meilleurs enseignants du domaine, via vidéo, sur internet. Une université complètement virtualisée.
Élaborons un peu plus ce concept.
- Les cours sont rendus disponibles sur internet.
- Chaque cours est accompagné de devoirs en ligne, corrigés automatiquement ou par des chargés de cours.
- Les examens peuvent être en ligne ou dans un local générique loué pour cette occasion avec un surveillant.
- Certains cours nécessitent des laboratoires qui peuvent être réalisés dans des laboratoires privés ou des laboratoires génériques. On réserve sa session de laboratoire, on mentionne quelle expérience (cours, numéro du lab) et au rendez-vous, notre console est prête. Des entreprises privées pourraient compétitionner pour fournir ce genre de service moyennant des frais.
- Les étudiants peuvent s’inscrire de n’importe où et suivre leurs cours de la maison.
- Des sessions de dépannage programmées, elles aussi virtualisées, se font via des appels vidéo-conférence, partage d’écran, chat rooms, etc., avec des chargés de cours.
- Des étudiants libres peuvent aussi suivre le cours. Ils n’ont qu’à regarder la série de vidéo.
Avec le temps, le cours magistral inclurait des séquences originales, des animations via CGI, des interviews, des effets spéciaux, un montage de plus en plus efficace afin de faire comprendre la matière enseignée. Imaginez un savoir faire Hollywoodien utilisé pour l’éducation…
Avec l’évolution de la matière enseignée, des parties du cours seraient remplacées avec des mises à jour, améliorant ainsi le syllabus.
Imaginez que les videos soient interconnectés via un équivalent hypertexte pour la vidéo (hypervidéo?). Imaginez que les livres de référence, désormais électroniques, soient aussi hyper-liés aux cours et vice-versa, l’un amplifiant l’apport de l’autre, présentant un complément, une autre perspective, une autre façon de saisir la connaissance.
Ce concept commence à émerger. Khan Academy offre un impressionnant ensemble de cours tout en inversant le sens de la présence en classe qui est dévouée au devoir alors que le cours magistral est suivi à la maison. Stanford, le MIT et d’autres ont aussi une offre gratuite sur iTunes. En ce moment même, Stanford offre un cours créditable virtualisé débutant en octobre. Déjà, plus de 58000 étudiants se sont inscrits de partout au monde (ref). Plusieurs autres universités ont aussi commencé à offrir des cours virtuels.
Est-ce l’émergence de l’Université 2.0? Je pense de plus en plus que oui. Et je pense que le pavillon de l’UdeM à Laval, en brique, en verre et en acier, aurait pu être planétaire… et en bits.
Mise à jour 2011-09-06T16:34:43 – Le cours en ligne de Stanford a attiré plus de 130,000 étudiants provenant de plus de 190 pays. J’y suis inscrit.
Mise à jour 2011-09-09T23:07:00 – Changé UQAM pour UdeM. Je me suis leurré et ai été corrigé. Merci Nath!
Peut-être que notre système économique repose en grande partie sur l’existence d’une nombreuse classe moyenne nourrie, soignée, occupée, pouvant s’offrir quelques douceurs et aussi ignorante que possible.
Peut-être que jusqu’à maintenant, on pouvait conserver la masse dans l’ignorance totale, mais avec les changements technologiques et des obligations d’un marché se globalisant et devenant de plus en plus compétitif, il a fallu instruire cette masse.
Peut-être qu’avec l’instruction viennent un plus grand niveau de conscience, une plus grande curiosité et une plus grande soif d’information étanchée par les nouvelles technologies.
Peut-être que cette consommation croissante d’information indigne de plus en plus la classe moyenne toujours plus interconnectée devant les injustices, les disparités, les excès et les profits indécents de certains.
Peut-être que cette classe moyenne, sous son nombre global en augmentation voit ses acquis se diluer, se voit s’appauvrir et voit son espoir pour un avenir meilleur se dissiper.
Peut-être que cette classe moyenne devient exponentiellement plus indignée et son niveau de tolérance s’effrite proportionnellement.
Peut-être que c’est dans un tel contexte que fermentent les révolutions.
Peut-être que si cette classe moyenne se révolte, c’est tout le système économique et politique qui est menacé de s’effondrer.
Peut-être que les très riches auraient intérêt à préserver ce système économico-politique qui leur a tant rapporté.
Peut-être que les très riches devraient bien traiter la classe moyenne afin que cette dernière demeure docile et contentée.
Peut-être que les très riches devraient (en accord avec Warren Buffett) payer plus d’impôt.
Beaucoup plus.
Imposez $1000 à un salarié de $10 000 par année, il y aura forcément moins de nourriture sur sa table. Imposez $1 000 000 à quelqu’un qui gagne $10 000 000 par année (il y en a plus que vous ne le pensez), et vous ne lui enlevez rien qui pourrait l’empêcher de mener une vie heureuse. (tiré d’un commentaire sur digg)
Quelques commentaires au sujet de certains éléments du discours du Trône.
Abolition du financement des partis
Je crois que la mesure conservatrice la plus sérieuse dans l’immédiat est l’abolition « progressive » des subventions aux partis politiques.
Ceci ouvre la porte toute grande è l’assujettissement du gouvernement aux caprices et agendas des plus fortunés et des corporations dont les objectifs ne sont pas toujours alignés avec une justice sociale et un équilibre de la distribution des richesses, mettons.
C’est une atteinte à un pilier de la démocratie qui va mener directement à une oligarchie de type ploutocratie (un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir).
De plus, un tel projet de Réforme (puisque c’est de ce parti dont il est réellement question) avantage tellement les Conservateurs qu’il n’est pas impensable qu’ils s’assureront ainsi le pouvoir qu’ils vont teinter de leur idéologie pour plusieurs mandats à venir.
Le pire est que, puisque ce gouvernement est majoritaire en terme de députés et non, dois-je le souligner, en appui populaire, je ne vois pas comment il est possible d’empêcher cette bascule.
Comme je l’ai mentionné mercredi sur twitter à Josée Legault, le Canada sera méconnaissable dans 4 ans: cour suprême, programmes sociaux, armée, culture, science, accès à l’information, démocratie, religiosité omniprésente (bye bye état laïque), politique internationale radicalisée, etc.
Cela ne me ressemble définitivement pas. Quelles sont mes options? Là est ma question.
Ouverture de l’accès à l’information
J’ai hâte de voir si « ouvert » veut dire centralisé, filtré, sélectionné, contrôlé et altéré pour correspondre à notre idéologie.
Il ne faut pas oublier que c’est ce parti qui a envoyé une note à tous les scientifiques travaillant pour le Gouvernement du Canada pour qu’il ne parlent pas aux médias.
Il ne faudrait pas oublier que pour certains (demandez à Philippe Couillard qui, tout juste avant son départ, a fait adopter des règlements favorisant une plus grande ouverture aux cliniques privées) ouverture veut dire favoriser des tit namis ou dilapider le bien publique.
C’est ce même gouvernement qui fait piger dans un chapeau pour donner le droit à un journaliste de docilement poser une question.
Control Freak est le mot d’usage chez nos amis anglo-saxons. Je serais très surpris que nous ayons la même définition du mot « ouverture ».
Bureau de la liberté de Religion
J’ai aussi hâte de voir le mandat et la mission de cette bibite. De voir qui sera nommé a la tête et, surtout, quels seront les actions et les faits réels d’un tel organisme.
Quelque chose me dit que les évangélistes ne seront pas très loin et que le véritable objectif sera de défendre et promouvoir l’endoctrinement, le relativisme culturel et un agenda idéologique profond compatible avec les croyances, dogmes, valeurs et superstitions de quelques bien-pensants.
Si les chauffeurs d’automobile étaient engagés pour un emploi comme les développeurs de logiciel:
Titre du poste: Chauffeur
Exigences de l’emploi: Aptitudes professionnelles pour conduire des véhicules normaux, camions, autobus, trains routiers, tramways, métros, tracteurs, charrues, pelles mécaniques et tous les types de char d’assaut présentement en utilisation dans les pays ayant signé un pacte avec l’OTAN.
Des aptitudes en conduite extrême sur la glace, en situation hivernale et sous la pluie sont obligatoires.
Toute expérience de conduite d’une Formule-1 et d’une pape-mobile est considérée comme un plus.
Une connaissance pratique et une expérience démontrée pour démonter et remonter de toute pièce un moteur avec une transmission automatique ou manuelle, pour réparer le système à injection électronique, l’ordinateur de bord, les freins ABS, le GPS et le système de son, de tous les manufacturiers connus est obligatoire.
Le candidat devra pouvoir laver les vitres, la carrosserie, le moteur et les pneus sur demande, sous pression et avec entrain et joie de vivre.
Le candidat devra avoir plus de 5 années d’expérience dans la conduite d’une Toyota Camry blanche 2005 dont le numéro de série commence par un N, et plus de 10 années d’expérience dans la conduite d’une Audi TT 2010 orange.
Toute expérience pour débosseler, réparer les taches de rouille et repeindre une auto est un plus.
Le candidat devra posséder les certifications récentes (mois de 6 mois) de GM, BMW, Audi, Toyota, Nissan, Lada, Lamborghini et DeLorean.
Compensation: $15-$20/heure, selon les résultats de l’entrevue.
Éducation: Bachelier en Génie Mécanique. Doctorat en Astrophysique un plus.
Vu en ligne ici, mais bonifié quelque peu…
Il arrive quelquefois qu’on mette la main sur un roman, avec quelqu’espoirs, pour faire passer le temps. On débute la lecture. À chaque page qu’on tourne, de plus en plus rapidement, un réel plaisir s’installe. En fait, en lisant ce roman, ce n’est pas vraiment un plaisir, mais une véritable jouissance qui montait en moi.
L’action se déroule à Montréal et débute par un attentat terroriste dans le métro, sur la voie jaune, juste avant d’arriver à Berry-UQAM. On est immédiatement accroché par l’action. Mais pas seulement une action banale, non, mais quelque chose de rafraichissant, d’intelligent… de fascinant. Je me suis souvent imaginé ce que je pourrais bien faire avec un pouvoir absolu. Comment je pourrais changer le monde, le corriger, le guérir. Et ce roman tape tout droit dans ce fantasme et d’une majestueuse et brillante manière.
Un roman de Dorda. Christopher Dorda – un auteur montréalais. The Price of Free Will. Et si vous ne deviez lire qu’un seul roman cette année, celui-ci enflammera votre esprit et votre imagination.
Vous ré-entendrez parler de Dorda ici. Il fait désormais partie de mes auteurs préférés. J’espère qu’il sera porté au grand écran, car, franchement, il le mérite. Retenez ce nom. Dorda.
Il semble que nous ayons quelques problèmes d’éthique dans l’attribution des contrats et dans la gestion des projets gouvernementaux. La réaction immédiate des contribuables est bien sûr d’exiger une commission d’enquête afin d’avoir l’illusion que les coupables d’infractions rendent des comptes et paient leurs dus. Sauf que la menace de commissions d’enquête, même périodiques, quoique possiblement efficace, est certainement couteuse et ne garantit ni l’honnêteté ni une saine gestion.
Je me demande s’il ne serait pas plus adéquat d’imposer, par une loi, une règle très simple: tous les projets payés à plus de 50% par des deniers publics doivent déposer tous leurs documents (procès-verbaux de réunions, cédules d’implantation, personnel attitré, sous-traitants, soumissions, rapports de progrès, correspondances, plans, devis, etc.) dans des délais raisonnables (à définir et selon le projet) sur un site web gouvernemental, public et ouvert à tous pour analyse et consultation. Le tout daté, versionné, authentifié et archivé.
Plus il y a d’yeux… Bref, on fait de l’externalisation ouverte (crowdsourcing) avec la vérification des projets.
Je suis peut-être naïf, mais je suis totalement écoeuré de voir l’argent de mes impôts s’envoler en gaspillage éhonté, en grossière incompétence et en copinage. J’ai toujours cru que la transparence était la meilleure arme contre les entorses à l’éthique. Alors peut-être que l’obligation de transparence impliquerait une obligation d’honnêteté et agirait comme un filtre passe-compétence.
Peut-être qu’un WikiLeaks proactif et institutionnalisé (WikiFides ?) préviendrait certaines obscures manœuvres avant même qu’elles ne se concrétisent. En tout cas, cela rendrait la tâche pas mal plus difficile à qui voudrait faire des combines.
Il semble que la nouvelle suite logiciel iLife ’11 d’Apple ne contiendra plus iDVD qui devrait être remplacé par une autre application encore inconnue.
Quand on prend un peu de recul et qu’on considère la stratégie d’Apple ces dernières années, il semble y avoir une tendance:
- le nouvel AppleTV est un engin de streaming vidéo
- MobileMe/iWork.com/iDisk
- le Apple Store qui virtualise, du moins en partie, le cycle de vie des applications et de la musique.
- le gigantesque centre de données qu’Apple a construit en Caroline du Nord
- l’intrusion d’Apple dans les réseaux sociaux (Ping)
- le refus d’Apple d’endosser et d’offrir le support pour le BlueRay
Considérant aussi les tendances lourdes de l’industrie en ce qui concerne la virtualisation et l’infonuagique (cloud computing), quelque chose me dit que cette nouvelle application mystère pourrait bien être reliée à l’entreposage, la gestion et la distribution de contenu multimédia personnel.
J’opterais pour une application de publication personnelle supportant:
- blogue (iWeb)
- video (iMovie)
- photo (iPhoto)
- musique (GarageBand)
L’engin de publication précédent était iDVD – limité au CDs et DVDs. Je pense qu’il sera remplacé par un engin unifié de publication sur le web. Le contenu video sera lu en transit (streamed) au lieu d’être lu d’un support physique tel un DVD.
Bien sûr, tout le contenu devrait être automatiquement formaté pour l’ensemble des bidules Apple (Mac, iPod/iPhone, iPad, AppleTV).
Et tant qu’a y être, pourquoi ne pas permettre à l’auteur que vous êtes de commercialiser votre propre contenu – ceci favoriserait la création de contenu de plus grande qualité et Apple prendrait sa cote en passant comme elle le fait avec les applications sur l’AppStore et la musique sur iTunes Store. Vous pourriez enfin vendre vos vidéos qui seront lus en transit avec l’Apple TV, votre roman ou essais qui sera lu sur l’iPad via iBook, vos compositions musicales, vos photos, votre propre magazine ou journal, etc. Assistons-nous à une autre étape importante vers la démocratisation de l’industrie de la publication?
iPublish? The Cloud for the rest of us?
My two speculative cents. On verra bien.
Sélectionnez une opinion, n’importe laquelle, aussi farfelue soit-elle. Faites-en une recherche sur Google. Vous trouverez des centaines de pages supportant cette opinion et ce, le plus sérieusement du monde. Il est possible de se convaincre de n’importe quoi avec Internet.
Les engins de recherche sont devenus indispensables aujourd’hui puisqu’ils diminuent le total désordre d’internet. La quantité d’information sur Internet est si phénoménale, et augmente à un tel taux, qu’y naviguer sans aide serait comme tenter de trouver une aiguille dans le système solaire (ou une très très grosse botte de foin). Certaines études estiment que le nombre de pages sur Internet est de plus de 1000 milliards. Si chaque page était imprimée sur une feuille de papier, la pile de papier aurait 100 000 km de haut. Devant cette quantité d’information en constante refonte, il nous faut isoler, filtrer et sélectionner. Mais sélectionner l’information sans faire attention – ce que nous faisons tous – résulte en un biais de confirmation. Ainsi, les indexeurs deviennent aussi de plus en plus des engins servant à renforcer les préjugés. Avec Google, vous pouvez vous convaincre de l’absolue véracité de n’importe quel soupçon, indépendamment des sites critiques puisqu’ils sont filtrés par le même coup, par l’engin de recherche ou par votre sélection avec la souris. En fait, les engins de recherche, aussi utiles soient-ils, permettre d’extraire de l’océan d’information, de désinformation et de mésinformation, l’opinion voulue sans aucun discernement.
Ainsi, sur Internet, une fabulation totalement délirante a autant de poids qu’un fait scientifique expérimentalement établit. Aucun indice ne permet de soupeser les « faits » présentés dans une page web. C’est au lecteur que revient le devoir de discerner (là, on est dans le trouble!). Discerner implique faire preuve d’un sens critique et d’une méthode de remise en question de toute nouvelle information et de ses propres convictions. La pensée critique et une méthode d’élimination des erreurs (comme la méthode scientifique) deviennent deux outils intellectuels indispensables et sont, en fait, la seule façon de naviguer sainement dans cet océan de més/dés/information. Sans ces outils-ci, nous ne sommes que de la marchandise à endoctrinement.
Comme si le problème n’était pas assez inquiétant, une nouvelle tendance commence à émerger de cette situation: des engins de recherche préfiltrés. Vous êtes chrétien? Essayez SeekFind, un engin de recherche ne retournant que des résultats cohérents avec la bible. Musulman? Essayez iamhalal. Juif? Jewogle. (lisez l’article (et les commentaires…) de NPR). À quand un engin de recherche d’extrême droite. Bon, c’est vrai, il y a FOX. Alors disons un engin de recherche québécois Libéral, ou Péquiste? Ou un engin de recherche Canadien approuvé par les Conservateurs? Un engin de recherche pour chaque opinion peut-être? On assiste à une ghettoïsation volontaire des esprits. St Thomas d’Aquin disait « méfiez vous de l’homme d’un seul livre ». Devrons-nous désormais nous méfier de ceux d’un seul engin de recherche?
Une telle ghettoïsation des idées mène inévitablement à une cristallisation aigüe des opinions, à une rigidité des esprits, et ultimement, à des conflits irréconciliables, car les discussions deviennent impossibles.
Rendu à ce point de ma réflexion, je me suis dit qu’il me manquait de recul et que je me devais de développer une perspective plus générale du phénomène en observation. Alors, j’ai laissé la première partie de ce billet en suspens quelque mois, le temps de murir un peu plus. C’est en lisant un article scientifique quelque part que j’ai fait la connexion.
Il est possible de voir ce phénomène de ghettoïsation des idées d’un autre angle. Laissez-moi vous présenter le modèle d’Ising.
Le modèle d’Ising est un modèle utilisé pour étudier les matériaux ferromagnétiques. Imaginez un tableau à deux dimensions où dans chaque cellule, il y a un aimant dont l’axe Sud-Nord est soi orienté vers le haut ou vers le bas et que ces deux directions sont les seules que peuvent prendre les aimants. Les aimants peuvent aussi changer leur orientation Sud-Nord à Nord-Sud et vice versa. Supposez aussi qu’il est énergétiquement plus rentable pour les aimants d’être alignés, c’est à cire que les aimants préfèrent être orientés dans la même direction que leurs voisins.
Maintenant, imaginez que cette matrice d’aimants soit dans un milieu dont vous pouvez contrôler la température. À haute température, il y a tellement d’énergie disponible que les aimants s’orientent dans n’importe quelle direction, excités par l’énergie disponible dans l’environnement. Mais à mesure que vous baissez la température, l’énergie ambiante devient plus faible que l’énergie locale provenant des voisins et les aimants ont de plus en plus tendance à s’orienter avec leurs voisins. Ainsi, à haute température, les aimants sont orientés aléatoirement et la corrélation d’orientation entre ceux-ci est faible, le désordre est maximum. À basse température cependant, les aimants ont tendance à s’aligner avec leurs voisins, ce qui résulte en des régions de plus en plus vastes d’aimants Nord-Sud et Sud-Nord. Le graphique ci-dessous présente une telle simulation effectuée avec avec IsingCocoa pour Mac (gratuitement disponible). Les aimants orientés Nord-Sud sont en noir et ceux Sud-Nord en blanc. La température entre les 5 images diminue de gauche à droite. À mesure que la température diminue, on voit se former des structures, et la corrélation entre l’orientation des aimants proches augmente. On observe ainsi ce que la physique nomme une transition de phase – on passe d’un état à un autre, ou d’une phase à une autre.
Il est difficile de ne pas voir de parallèles entre l’apparition des structures dans un modèle d’Ising simple et ce que nous observons dans le monde des opinions et des idées, où les engins de recherche spécialisés on pour effet de diminuer la « température » ou le désordre de l’information et d’ainsi augmenter la corrélation entre les consommateurs d’information que nous sommes autour d’opinions spécifiques. Cette analogie n’a rien de scientifique. Mais le parallèle est fascinant. Et si ce parallèle tient la route un peu plus, il se pourrait bien que nous soyons en transition de phase comme société.
L’étude des systèmes physiques montre que ceux-ci sont de loin les plus intéressants justement quand ils transitent d’une phase à l’autre. La zone intermédiaire (pas celle ou le chaos est maximum ni celle où le désordre est minimum) est celle où les phénomènes les plus intéressants se produisent (jetez un œil sur les travaux de Prigogine, entre autre, Order out of chaos). La vie elle-même est un exemple de phénomène émergeant à la frontière entre l’ordre et le chaos.
À la lumière du modèle d’Ising, des phénomènes critiques et des travaux de Prigogine, je ne me sens plus assombri par la ghettoïsation des idées, mais je suis plus apte à penser que nous vivons en une époque intéressante, voire fascinante, où l’information se globalisant devient elle-même un phénomène critique de plein droit et d’ou peut émerger des propriétés nouvelles inimaginables.






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